Je t'ai l'encre!


lundi, 25 avril 2005

Loin des yeux


"Ceux qui nous aiment prendront le train"



...Personne ne nous a rendu visite...

Photo : Les Préalpes Fribourgeoises (collection personnelle)

vendredi, 22 avril 2005

Gagner le pari...

J'ai mis mon drapeau en berne
Pour quitter ma Suisse d'exil
Je suis arrivé à Ternes
J'ai quitté ma fille, pas facile

Business trip à Paris
Qui un jour m'laurait dit?
Parisien du passé
Plus rien à regretter

Je suis comme un étranger
Dans ma vie du passé
Dans ma ville du passé
Voyageur en danger

Pressé de repartir
L'Oberland en point de mire
Vous restez? j'vous admire
Je n'ai fait que m'enfuir

Je n'ai fait que m'en faire
Dans l'rapide chemin de fer
Loin de vous loin de nous
J'atterri à genoux

Genou flexion, c'est tout réfléchi
C'est du passé, c'est plus une vie
C'est du passé et ça vaut mieux
Revenir c'était mourir un peu

Paris - pas ri

(première partie : l'aller)

Bien entendu, nous étions déjà repassés par Paris depuis notre exil.
Bien sûr! Ne serait-ce que pour revoir la famille. Vous savez, pour rester assis pendant de longues et interminables heures à de grandes tablées.
De longues et interminables heures à manger, et puis à dire "oui c'est sûr", et puis à manger, et à dire "mais oui!", et à reprendre pour la cinquième fois du gâteau Thé Brun ("tu aimais tellement ça quand tu étais petit..."), et puis à dire "mais, voilà, c'est ça!", et puis à manger...
Donc nous sommes repassés par Paris certes, mais quel Paris!

Là, l'autre jour c'était une autre affaire.

"I'm back les gars!" : business trip à Paris.
Rendez-vous dans une grande tour de la Défense et tout et tout!

Je me suis senti fébrile, un peu comme un alcoolique repenti qui avait arrêté de boire pendant 15 ans et qui n'avait pas d'autre choix que de s'en enfiler une rasade sur le champ, la peur au ventre...
Un peu comme si je remontais sur une bicyclette sans en avoir fait pendant des années.

Déjà, ça commençait mal, même pas encore parti.
"Forcément toi l'ancien parisien, le Français, tu dois bien connaître, tu vas nous conseiller sur le choix de l'hôtel".
Ben voyons! Bande de crétins des Alpes (pour le coup c'est vrai!), je suis né et j'ai vécu à Paris/Région Parisienne pendant 30 ans. Alors forcément, j'ai jamais eu besoin de mettre les pieds dans un hôtel. C'est logique, non?
M'a fallu un peu temps pour m'en dépêtrer. J'ai fini, règle du Modus Ponens à l'appui par leur démontrer que je suis l'anti-thèse du parfait conseiller en hôtels parisiens.
A est vrai. A implique B. Donc B est vrai.
Verstanden?

"Bon pas grave, regardons donc quelques hôtels sur internet. Mais à ton bureau, alors...".
Cool, une occasion de s'absenter du bureau ou le motard à rots de bière et à beuglements de yeti pourra s'en donner toujours à coeur joie... (Voir: Ca peut pas durer!).

Enfin bref, ça avait mal commencé.
Mais j'étais quand même, et finalement, impatient de refouler le sol parisien, conditionné en business attitude et non plus en "je visite la famille et je vais prendre 12 kilos au bas mot". Je voulais voir comment j'allais réagir. Quel effet cela pourrait il bien me faire? Allais je rentrer en disant " on y retourne!" ?

Bon, ils voulaient prendre le TGV et pas l'avion.
Soit.
Prenons donc le TGV, en première.
Ce sera calme, en semaine, on pourra peut être travailler pendant les quelques 4h du Genève - Paris.
Et puis prenons donc un TGV pas trop tard comme ça on pourra aller dîner (souper) tranquillement à Paris.

Et là, ça avait encore mal commencé.
Fallait s'y rendre à Genève.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Tout d'un coup, tout s'est écroulé. Toutes ces certitudes sur la précision Suisse, le sens du service, la rapidité d'exécution et d'intervention, etc.
Catastrophe électrique sur le réseau ferroviaire. Plus de train en gare de Bern. Ça redémarre quand? Sais pas... Faut se mettre sur quel quai pour avoir le prochain pour Genève (pardon, Genf)? Sais pas....
Bon, petit calcul rapide. Ça y est on l'a raté le TGV.
Pas grave. On a déjà des billets qui nous attendent à Genève pour le prochain TGV (trop fort le staff!).
On arrivera à 21h30.
No problemo. On est parti à 13h45 du bureau....
Petit calcul, presque 8 heures au total donc. Et, faudra encore s'entasser dans un taxi pour aller à l'hotel (je ne sais pas si il est bien, ce n'est pas moi qui l'ai choisi puisque A implique B, bordel!).
Bon, pas grave, je vais travailler peinard dans le TGV. Y aura pas mon beugleur adoré au moins.
En plus j'ai ma carte wlan/umts/gprs seamless handover et tout et tout. Je vais pouvoir traiter quelques mails en retard.
Grave erreur : Cette carte consomme beaucoup d'énergie. En moins de 2 la batterie de mon "laptop" était vide. Et nous étions dans un vieux TGV. Dans le premier wagon mais dans un vieux TGV. Pas d'électricité, les gars.
Ah, vous glandez vous.
Cool, j'adore ça glander dans un train pendant plus de 4 heures, figé dans mon siège...
C'est cool la techno et ses nouveaux gadgets. J'en ai bien profité pendant 10 minutes (j'exagère!).

Bon, je vous passe le reste du trajet et nos petites expérimentations avec un téléphone et un GPS pour suivre notre avancée en temps réelle sur une carte grosse comme mon pouce, vue que c'était sur un écran de téléphone. Ah oui! Mais en couleur. Alors...

Nous voilà enfin à Paris. Après nous être, comme prévu (je ne suis pas Nostradamus, mais bon c'était facile), entassés dans un taxi dont le chauffeur (qui semble t-il se lavait les cheveux tous les 2 mois, parce qu'ils le valent bien, le cheveux) était (comme prévu) très aimable, serviable et heureux de nous accueillir. J’adore ça !
"Oh, le Louvre, le Musée d'Orsay!" etc., etc. Moi, je cherchais les montagnes au loin.
Mais en vain.
Premier signe.

Après avoir posé nos bagages dans nos chambres d'un hôtel quelconque de l'avenue de Wagram, nous allons dîner (pardon, souper, je ne m'y fais pas).
Direction : une bien bonne et respectable brasserie du coin.

Et là, 2ème signe.
J'aurais pu prendre un bon beau et frais plateau de fruits de mer de l'arrivage de Bretagne du matin. Parce qu'on a beau être au 21 siècle, ils ont encore du mal à arriver jusque dans les montagnes suisses les fruits de mer frais et variés (pas avariés, variés, toute une variété quoi! un jour je vous parlerai peut être des homards morts du Carrefour de Fribourg).
Vous voyez, quand je vous parlais du crétinisme des Alpes, nous ne sommes peut être pas débarassés des carences en iode...
Et bien non!
J'aurais pu prendre une bonne pièce de boeuf bien saignante, juste comme ça nature et tout. Pour une fois qu'on allait pas me l'enduire de beurre fluorescent et autres condiments (et en plus ils appellent cet assaisonnement obligatoire "Café de Paris").
Avec un bon verre de rouge.
Et bien non!
J'aurais pu me prendre un petit plat impossible à trouver outre - Léman, genre des tripes, du boudin, du petit-salé aux lentilles, j'en passe et des meilleurs.
Et bien non!
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, docteur, je n'explique pas. Ne me demandez pas pourquoi. C'est plus fort que moi.
J'ai pris une choucroute. J'en ai mangé 2 fois. J’ai aussi bu 2 verres de bière.
Et puis je me suis couché dans cette chambre d'hôtel un peu lugubre (comme je l'imaginais) avec vue et bruit sur l'avenue de Wagram.
En me lavant les dents, je me suis aperçu que j'avais oublié combien l'eau du robinet sentait et avait un goût de chlore très (trop) prononcé, ici.
Allez, demain costume cravate, RER, la Défense, ses tours, son vent et la french touch au travail.
A suivre...

jeudi, 21 avril 2005

Ca peut pas durer!

Ah! les joies de la promotion.

Depuis que j'ai changé de job, j'attends patiemment dans une "zone de transit" de pouvoir me poser dans un petit bureau tranquille, au calme...
Seulement voilà, la zone de transit, c'est un bureau pour 4 personnes dans lequel nous sommes 2. On pourrait sans doute jouer au ping-pong, ou tout simplement travailler dans le calme et le respect mutuel.
Et bien non! Ce jeune insolent de la campagne Bâloise fait du bruit pour 12!!!

Ca vous est déjà arrivé de ne plus supporter votre voisin de bureau au point de sursauter à chaque bruit qu'il fait lorsqu'il presse frénétiquement les touches de son clavier, d'avoir envie de lui trancher la gorge à chaque beuglement Suisse Allemand qu'il hurle en permanence au téléphone, à chaque rire guttural auquel il s'emploie quand son charmant collègue frisottant et moustachu vient discuter moto avec lui??
Et que dire du bruit qu'il fait avec sa mâchoire quand il mange un chocolat gentiment offert par son chef....
J'en peux plus...
Telle la bête blessée, je rentre chaque matin dans le bureau en rampant et en soufflant un subliminal "Guten Morgen..." qui s'est transformé en "M'gen"... puis en "t'gen" puis en "t'gl"... no comment...

Ah! mais pourtant, je lui ai dit à cet abruti, je lui ai demandé gentiment, puis violement, j'ai montré les dents, j'ai même tenté d'abuser du rapport de force et de ma position dans l'organisation (Et pourtant j'aime pas ça),... Rien à faire!
Après 5 minutes ça recommence : soit il hurle au téléphone, soit il tapote frénétiquement sur son clavier, il peut aussi cogner sur la table tout en s'énervant au téléphone, ou encore faire salon dans notre pièce commune et parler moto et rots de bière avec ses Kollegen.

J'ai même renversé mon café brûlant sur son copain motard moustachu qui fait plus de bruit quand il parle qu'une vache qui hurle à la recherche de son veau!

Je ne comprends pas. J'ai tout essayé, la gentillesse, l'insolence, la brutalité, la force. Rien. Il ne peut pas. Il ne sait pas. C'est plus fort que lui. Il hurle, il beugle, il vocifère. Les gens de son équipe lui ont déjà dit mille fois. Ils redoutent tous la date de son retour chez eux.

Bonne chance les gars! On libère l'espace de transit le 27....

Putain 6 jours...
6 jours...