Haine de ménage
Hurle et ment sans doute. Ment pour prendre le dessus sur le conflit.
Confidences oubliées. Sentiments disparus. Ressentiments rendus publiques. Sur la place devant tout le monde.
Scène de rue. Comme on joue une comédie de boulevard.
Ils ne jouent pas eux. Ils vivent. Ils bouillonnent. Ils iront jusqu’au bout.
Et puis, cette violence des mots qui fait si mal. Des mots comme des coups. Des coups de poing. Des points sur les i.
Colère douloureuse. La douleur dure des heures. Avant après pendant.
Pourtant, ils y vont. On les voit.
Comme un développement irréversible.
Révélateur. Nécessaire. Inévitable.
Carte sur table.
Comme une colère qui fait partie de la vie. Indissociable.
C’est parti. Reparti. Ils s’emportent. Ils s’enragent, s’entredéchirent, se touchent, se repoussent.
Longue tirade d’amertume déposée en plein cœur.
La rancœur.
L’écoeurement de l’autre.
Processus sanguin. On n’y gagne rien mais on n'a plus rien à perde.
Par étape. Du cri, au dégoût. Des reproches à la haine.
De la colère au chagrin.
Du chagrin à la fin.
Ils se laissent. Ils se lâchent.
La pression se relâche.
Les gens pressés prennent la place.
La rue reprend le dessus.
Scène de rue. Scène de vie.
Mais pour eux, c’est fini.
Travail d'équipe





