Je t'ai l'encre!


vendredi, 30 septembre 2005

Haine de ménage

Une scène de colère en couleur, quelque part. Quelqu’un parle. Parle haut, hurle.
Hurle et ment sans doute. Ment pour prendre le dessus sur le conflit.
Confidences oubliées. Sentiments disparus. Ressentiments rendus publiques. Sur la place devant tout le monde.
Scène de rue. Comme on joue une comédie de boulevard.
Ils ne jouent pas eux. Ils vivent. Ils bouillonnent. Ils iront jusqu’au bout.
Et puis, cette violence des mots qui fait si mal. Des mots comme des coups. Des coups de poing. Des points sur les i.

Ils y vont fort. Ils se font mal. Mal à se plier en deux. A n’en plus se relever.
Colère douloureuse. La douleur dure des heures. Avant après pendant.
Pourtant, ils y vont. On les voit.
Comme un développement irréversible.
Révélateur. Nécessaire. Inévitable.
Carte sur table.
Comme une colère qui fait partie de la vie. Indissociable.
C’est parti. Reparti. Ils s’emportent. Ils s’enragent, s’entredéchirent, se touchent, se repoussent.
Longue tirade d’amertume déposée en plein cœur.
La rancœur.
L’écoeurement de l’autre.
Processus sanguin. On n’y gagne rien mais on n'a plus rien à perde.
Par étape. Du cri, au dégoût. Des reproches à la haine.
De la colère au chagrin.
Du chagrin à la fin.
Ils se laissent. Ils se lâchent.
La pression se relâche.
Les gens pressés prennent la place.
La rue reprend le dessus.
Scène de rue. Scène de vie.
Mais pour eux, c’est fini.

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Travail d'équipe
Illustration graphique : Phédia Mazuc
Texte : Roger Nirggy

mardi, 27 septembre 2005

Découvre des courbes

Je revais de réaliser un petit texte d'accompagnement pour l'une des magnifiques photos de Vincent.
Et bien, c’est fait.

Merci Vincent.

dimanche, 25 septembre 2005

Jeu de foi

On nous dit qu’il faut croire, qu’il faut porter sa croix
On nous raconte des histoires et qu’il était une foi
On nous impose à tout prix des croyances et des adorations
On explose, on expose, on nous force à croire en des missions

Il faudrait qu’ici-bas tout le monde croie qu'on nous guide d'en haut
Il faudrait que l’on boive que l'on s'absorbe de leurs sacrés mots
On joue la confusion des différentes confessions
On joue la surenchère des scènes de communion

On ne leur parle plus, on reste sans foi
Ils ne nous écoutent plus ils ne comptent qu’en exploits
Ils déversent bonnes paroles et versets à tout va
Ils nous prient d’y croire, se comportent en ultras

Ils cherchent toutes les formules pour mieux nous convertir
Comme on pousse à l’extrême, comme on est prêt au pire
On s’attend à maudire chacune de leurs actions
On voudrait qu’ils arrêtent de nous vendre leur passion

vendredi, 23 septembre 2005

En attendant l'or blanc

Bachalpsee - Oberland Bernois


(spéciale dédicace à Mues)


Parce qu'on ne vit qu'une fois.
Parce qu'un jour tu te demandes pourquoi tu dois mettre 1 heure et demie pour traverser le pont de Sèvres.
Parce que quand c'est mercredi tu as le temps de lire tout le Canard Enchaîné alors que ta voiture a à peibne avancé 8 mètres.
Parce que tu n'as que le Parc de Saint-Cloud en lot de consolation.
Et encore, faut monter sur le toit au-dessus du bourreau bureau du PDG.
Parce que tu as beaucoup d'amis dans tout ce panier de crabes mais qu'en fait ce n'en sont que des faux.
Parce que quand tu grattes à la surface de ce mode de vie là, il n'y a pas grand chose.
Au pire ça te donne des plaques rouges et ça t'irrite.
Oh oui, ça t'irrite.
Alors pourquoi pas le bonheur au bon air?

Tu vas les voir.
Tu t'y fais quelques ampoules.
Et puis tu décides d'y rester.
Jusqu'ici tout va bien.
Le bruit du métro ne nous manque plus.

mercredi, 21 septembre 2005



Loin est l'autre

Dis-moi ce que tu sais encore deviner quand mon ombre devient lointaine.
Dis-moi ce que tu sais de moi quand je suis si loin.
Dis-moi ce qui t’alarme quand tu n’entends plus mes bras.
Dis-moi que je suis tes larmes quand je suis là-bas.
Dis-moi que je suis ton autre part éloignée.
Dis moi ce qui te brûle les mots quand on brise cette glace.
Dis-moi que tu ne veux pas me laisser partir et que tu ne te lasses pas de me voir heureux venir.
Dis-moi ce que tu panses quand je souffre de ton regard manquant.
Dis-moi ce qu’on partage quand je suis en partance.
Dis moi que mes retours sont des nouveaux départs.

dimanche, 18 septembre 2005

C'est vous tu

Je te dis tu, je te dis tout
Je me dévoue, vous me dites vous
Je mise sur toi, ça je l’avoue
Je suis têtu, je tiens de vous
Tu t’étais tu, je tiens à toi
Vous voyez vous un peu en moi
Rien n’est foutu, je suis fou de toi
Rien n’est voulu tout est émoi
Je vous ai lu, je t’ai vu toi
Tu est l’élue et tout pour moi

samedi, 17 septembre 2005

Sais ça

Parce que c’est ça. Parce que tu le sens. Parce que tu en veux. Parce que tu y vas. Parce que tu le sais.
Tu avances. Tu trébuches. Tu te fais mal. Tu te relèves. Tu repars.
Parfois tu te fais très mal. Alors tu t’arrêtes.
Ça s’arrête.
Tu ne repars pas.
Ça ne se répare pas. Ça se vit. Ça s’accepte.
Tu le sais.
Et puis une secousse.
Comme un besoin de spasme vital.
Un séisme, un tremblement de l’être qui s’exprime mal.
Maladroit sur l’échelle de la vie.
Comme on dépose une motion, comme on en a le droit.
On accepte ses émotions. O
n les démontre du doigt.
On laisse ses maux comme ils sont, pour une fois.
C’est une révolution qui rigole au fond de toi.
Et puis, tu repars.
Tu y vas.
Tu vas trébucher. Sans doute.
Et alors ? Tu te relèveras.
Et d’autres prendront la relève.
Parce que c’est ça.
Tu le sais.

jeudi, 15 septembre 2005

Attirée par l'épaule

C'est avec une superbe image réalisée par Mme Delphine , et c'est ici

lundi, 12 septembre 2005

Parce que je n'aime pas la piscine

(Vu que j’ai une fâcheuse tendance à boire la tasse)


Parce qu’elle a été la toute première à me dire du bien de mes textes et qu’elle en a parlé partout.
Parce qu’elle est mon agent artistique virtuel.
Parce qu’elle a du talent.

Parce qu'elle croit en nous et que l'on croit en elle.
Parce qu’elle aime les gens.
Parce qu’elle sait ce qui est beau.
Parce qu’elle sait ce qui est simple.
Parce qu’elle sait faire des ricochets.
Parce qu’on ne peut pas faire sans elle.

Parce qu’on a tous besoin de son avis et de ses commentaires précis et précieux.
Parce qu'on a déjà vu le fond.
Parceque je suis capitaine et que je veux lui jeter ma bouée.
Parce qu’on veut tous qu’elle remonte.
Parce que c’est Ph&


J’ai envie de lui rappeler ce petit texte qui lui est dédié :


Vent d’ange

Puisque vous m’avez soufflé à l’œil les ébauches d’une artiste
J’ai cru savoir en vous la débauche d’un art triste
Mais ces images au ton chaud me soufflent un vent du sûr
Comme un courant d’art aurait déplacé un murmure

En fée vous êtes un ange, un vrai gardien du bien
Aucun fait n’est étrange tout effet pour les siens
Le bonheur des vôtres est votre vraie moisson
Et le votre de pouvoir accepter la mission

Mais la récolte est belle autant ne pas la taire
Les raisons de la couleur ne se sont pas un mystère
C’est un vent d’ange qui souffle et non pas un contraire
Une bouffée des vies denses et bien plus qu’un faux air

C’est comme un vent du sud qui tourne sur vos étoiles
Comme de vos toiles enlever ce bien mystérieux voile
Aurait-il donc fallu la magie d’un miroir avec tain ?
Car votre art se cultive le cœur au creux de la main


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Alors, tu remontes maintenant, hein?

dimanche, 11 septembre 2005

Boire la tasse

Tu es assis à la terrasse d’un café. Toi et ton expresso.
Tu le bois lentement. Oui, lentement.
Tu prends ton temps. Pire, tu voudrais qu’il s’arrête
.
Le temps, ce fichu temps.
Tout va trop vite. On expédie, on dépêche, on accélère, on active, on entreprend, on presse, on précipite.
Mais là, non. Surtout pas. Certainement pas.
Tu voudrais figer le temps l’espace de quelques instants. Tu voudrais qu’il s’épaississe, se coagule.
Alors tu bois délicatement ton café chaud, ton café fort. Tout en finesse, comme pour lui prouver que tu comprends toute sa subtilité. Comme un témoignage de gratitude à un moment précieux.
Le regard vide sur cette terrasse aux gens pressés et impatients, tu veux que le temps s’arrête pour toi et ton expresso.
Tu veux que sa chaleur te brûle la gorge comme on inflige une souffrance. Tu espères chaque gorgée pour qu’elle te dépose l’amertume tant attendue. Un peu comme si tu n’étais plus capable de colère. Depuis longtemps. Et pourtant.
Tu laisses des larmes te monter aux yeux. Un peu comme un combattant qui fait ses premières armes.
Un peu ? Beaucoup. Sûrement.
Et puis tu te dis que le temps n’y fera rien. Que le temps n’y est pour rien.
Tu te dis qu’il n’y a pas de saison, de cycle ni même de climat pour ces choses là.
Tu te dis qu’à partir du moment où tu déposeras ta tasse vide sur cette table tu ne pourras plus faire l’économie d’une seule seconde. Le temps ne t’épargnera plus.
Le temps est une machine qui ignore le mouvement arrière.
Voilà.
Tu es prêt à te dépêcher maintenant. Tu vas y aller en courant. En sanglotant un peu aussi.
Combattant ? Un peu ?
Tu sais qu’à partir de maintenant toutes les minutes, toutes les secondes vont passer vite très vite, trop vite. Beaucoup trop.
Tu ne sais plus comment faire. Mais tu sais que tu vas y aller.
Pas parce qu’il le faut. Non. Mais parce que tu le sais.
Tu te dis que ce moment avec ton expresso était important. Sûrement pas importun. Surtout vital.

Un peu comme un passage obligatoire. Un moment de transition où l’on passe du stade de combattu à celui de combattant.
Pas un rituel ni un cérémonial. Juste un instant de vie, comme ça.

Un instant de vie où l’on entend la mort.
Tu te dis que le goût de cet expresso avalé si lentement restera à jamais imprimé sur ta langue.
Tu te dis que cette terrasse fera à jamais partie de ces endroits qui te signifient quelque chose.

Tu te dis que cet instant passé à essayer de capturer le temps restera un souvenir, lui aussi.
Tu te dis qu’il ne faut plus attendre. Tu le sais. Tu le sens. Tu l’entends.
Alors tu y cours.
Dans un rien de temps, tu franchiras une porte comme on franchi un cap.
Tu lui porteras tes derniers mots et captureras son tout dernier regard.
A jamais.
Voilà. C’est comme ça.

vendredi, 9 septembre 2005

Bien le bon jour

Peut être aurait il fallu que j’admette en urgence qu’il y a des jours comme ça, que c’est tout et qu’il n’y a qu’à s’y faire. Et ben moi je ne m’y fais pas.
Il y a des jours comme ça ? Et bien je n’ai pas envie de m’y faire. Ok ?
De toute façon je me suis fait tout seul. Alors, manquerait plus que je m’y fasse.
Non. Il n’y a pas de jour comme ça. Voilà.
Mon jour m’appartient et je n’ai pas envie qu’il soit comme ça.
Et puis je suis poli, et j’arrondi souvent les angles. Alors je commence par me dire « bonjour » pour qu’il ne soit pas juste comme ça mon jour.
Il sera bon. Forcément. Si, il sera bon.
Mon jour sera bon. Je n’ai qu’à m’y faire, tiens !
Et puisqu’il faudrait qu’il y ait des jours comme ça et bien moi je vais faire comme si. Comme si il n’était pas comme ça, mon jour. Mon bon jour à moi.
Ah ! Et bien voilà un jour qui commence bien.
Bon…
Ça commence bien et de toute façon ça n’ira pas plus mal.
Enfin, ça n’ira pas plus mal, jusqu’à ce que le mal me prenne.
D’ailleurs il m’a déjà pris le mal.
Ben oui, maintenant j’ai plus le droit à l’erreur. Je dois tout faire comme si j’étais dans un bon jour. Quoiqu’il arrive. Et, ce n’est pas facile. Je m’en veux.
Mais, quel mal m’a pris de vouloir absolument que mon jour soit bon ?
Et voilà ! On se fait prendre par le mal sans s’en rendre compte. Surtout lorsqu’on veut que son jour soit bon. D’ailleurs, à force de me faire prendre par ce mal, ça me prend la tête.
Alors, ça suffit.
Demain ce sera un jour comme ci ou comme ça et moi je ferais comme si, comme si je m’en moque. Et puis c’est tout.
Je vais bien finir par m’y faire, non ?

C’est trop compliqué. Changeons de sujet.

Il parait qu’il y a des jours avec et des jours sans.
Et bien moi je…

Chacun mes goûts

Pendant qu'il pleuvait, Abalem m’a repassé un « challenge » (appelé dans d’autres lieux « patate chaude » ou « patate douce ») qui consisterait à me faire parler des goûts et des saveurs qui ont marqué mon enfance, et d’en citer 5.

Comment dire ?

J’ai d’abord voulu esquiver et préciser que pour moi l’enfance venait à peine de commencer…Histoire de. Juste comme ça, puisqu’il y en a qui me croient vieux, très vieux, à cause de mon pseudo « Roger » (ça m’apprendra).
Et puis d’esquive en exquise, il n’y a qu’un pas, qu’un coup de fourchette. Alors ma langue a fourché, forcément. Et j’ai fermé les yeux lentement en prononçant « saveurs exquises où êtes vous ?... ».
Et là, la table s’est mise à bouger. Non, pardon à se dresser. Les souvenirs, les goûts et les saveurs s
ont arrivés doucement, au rythme qu’il faut. Un peu comme l’eau vous vient à la bouche quand vous laissez tout doucement glisser en vous un bouchon réunionnais puis deux puis trois puis... Mais, ça n’est pas un souvenir d’enfance, plutôt un souvenir que l’on rapporte bien volontiers d’un joli et inoubliable voyage. Je m’égare.

Donc les souvenirs ont commencé à arriver, finalement. Des souvenirs de bonheur, forcément. On ne va pas se gêner ! Des souvenirs de goûts et de saveurs ordinaires. Et bien justement, qu’y avait-il à l’ordinaire dans ses souvenirs ?
Il faudrait en citer 5. Soit. Pourquoi pas. Essayons entrée, poisson, viande, fromage, dessert, ça ferait cinq ça! Le problème est que j’ai tout un tas de choses à faire qui me sont apparues d’un coup et bien plus que cinq.

Ensuite, le premier mot qui est sorti de moi en essayant de me rappeler de tout ça, c’est « duo ».
Pourquoi « duo » ? Parce que pour moi les souvenirs culinaires de mon enfance, ce sont les souvenirs d’un duo infatigable qui s’attelait patiemment à nous préparer des plats, mais des plats à vous faire hurler de bonheur. Ce duo c’est ma mère et mon père, tous les deux en cuisine, des heures durant, se complétant à merveille, s’épaulant, se conseillant, innovant, découvrant, amoureux, aimant les bonnes choses, les choses simples, que l’on trouve comme cela au hasard d’un maraîcher, d’un petit boucher de quartier, que l’on cueille dans la forêt ou que l’on pêche au bord d’un lac….
Parce que je lui dois tout à ce duo, la racine des mes rimes, ma passion pour la cuisine, ma vie et bien plus encore, j’ai eu envie de tout citer en duo: Duo d’entrées, duo de poissons, duo de viandes, duo de fromages et duo de desserts. Mais pour cela, il me faut du temps, beaucoup de temps, pas mal d’encre, quelques larmes et du papier, beaucoup. Il y a un risque de faire une note très ennuyeuse sans le vouloir. Et, cela s’explique en 5+1 points :

- Il faut du temps pour faire partager des odeurs de girolles fraîchement cueillies à l’aube au détour d’une forêt de Bourgogne, en allant à la pêche. Tu es obligé de te servir de ton chapeau pour les transporter tellement il y en a et que ton sac en est rempli.

- Il faut du temps pour décrire correctement les œufs en meurette ou le coq au vin qui te laisse une petite douceur comme ça, après chaque bouchée. Et aussi tout un tas d’autres plats…

- Il faut du temps pour dire que je me souviens aussi des cornichons que tu pêches dans la saumure au fin fond d’un fût chez un petit épicier, au hasard d’une traversée de Paris. Tu remontes bien tes manches avant quand même, et puis tu croques !

- Il faut du temps pour raconter les aventures de tous ces fromages, de toutes les couleurs, de toutes les saveurs, affinés au marc, ou nature comme ça. Ils connaissent ton couteau par cœur tellement tu les visites.

- Il faut du temps pour goûter comme il faut à la soupe de maman. J’ai tout essayé, je ne reproduirai jamais exactement ce goût, mais ce goût !

- Il faut du temps pour énumérer tous les gâteaux de papa. Lequel tu veux ? Choisi bien, il sait tous les faire, et même des mini éclairs au chocolat.

Et puis je me dis que je vais encore écrire une note d’une longueur interminable et que même ceux et celles qui ne dorment soi-disant jamais se seront endormis bien avant le point final.

Alors.

(Je repasse le questionnaire à qui se sent la force de répondre également à celui de Proust)

jeudi, 8 septembre 2005

Fais ce qu’il te pleut

Crédit photo : BANG BANG & CO


Dis-moi ce que tu vis quand tu revois la pluie
Ne médis pas ceux que tu crois quand tu reçois l’avis
La vie de tempête contre un éclair de ton regard humide
Tu fais ce qu’il te plait sous la pluie aux gestes un peu timides

Tu la toises, tu la vis, tu l’accuses, nous on te voit battante
Tu la portes, tu l’implores, la pluie, comme une question brûlante
Tu la croises, elle s’enfuit, tu l’essuies du regard
Elle répare mais elle arrive toujours un peu trop tard

C’est comme un plaisir qui inonde le pourtour de tes yeux
Comme une pluie sûre qui redessine le contour de ces lieux
Tu la rêves et tu la revêts jusqu’à ce qu’elle soit ta peau
Tu l’attrapes, tu la traques, tu la cueilles comme un roseau

Croire en deux

Je voudrais t’écrire des mots, des rimes. Je voudrais te dire que je crois en toi, que je crois en nous. Je voudrais de dire que je vis dans ton regard comme avec un besoin permanent de ta lumière. Je voudrais te dire que je ne marche pas sans toi et que tout passe par nous deux comme si nous n’étions qu’un. Je voudrais te dire tout ça, et plein d’autres choses encore. Je voudrais tout te dire en faisant tourner les mots sans être si maladroit. Je voudrais te dire que tu es dans chaque mot que je crie ici et aussi là-bas.
Je voudrais t’écrire tous les plus beaux textes dont je suis coupable.

Mais plus que de t’écrire je sais mieux te vivre et t’avoir en moi.

Je ne crois plus en moi, seulement en nous deux. Ou bien en nous trois et pourquoi pas quatre.
Je voudrais te redemander en mariage à tous les instants, juste pour pouvoir relire ton regard croquant. Je voudrais te dire que tu es mon avenir, mes cinq sens et mes sensations. Je voudrais te dire que tes cheveux d’or sont mes vagues de lumière. Je voudrais te dire que je connais par cœur la chanson du rythme qui bat dans ton cœur.

Je voudrais te dire et puis te redire que je ne sais plus être que deux. Je ne sais plus être que nous. Je voudrais te dire que sans ton sourire ma plume n’existe pas.

Je voudrais te dire que puisqu’on est deux, alors moi je vis.

A Madame


(Et ne l’appelez pas Madame Roger…)


[Commentaires fermés sur cette note - mais je vous laisse à manger en dessous. Merci de votre compréhension]

mercredi, 7 septembre 2005

Et….toque !

J’avais essayé de te convaincre que le bonheur, mon bonheur, ç’est tout un ensemble de petites choses qui font ma vie et que je partage avec ceux que j’aime et qui me donnent chaque jour envie de faire rimer les mots.
Je ne sais pas si je t’ai convaincu. Mais qu’importe, je veux te parler d’une petite chose qui fait partie de mon bonheur :
la cuisine !

Rien de telle qu’une belle table joliment dressée, agrémentée de quelques bougies et autres photophores pour t’inviter à passer le tablier et à te mettre en cuisine. Tu vas voir, ça détend. Si, si….

Pas besoin de faire compliqué. Encore une fois, le goût et les saveurs, c’est comme le bonheur, ça vient des choses simples.

Ensuite, avec toi, et surtout rien que pour Bang Bang, parceque je m’en veux de lui avoir fait expédier plusieurs fois ces magnifiques plats de pâtes et aussi de lui avoir fait rater la cuisson d’un œuf dur (no comment), j’ai envie de partager une recette simple. Tellement simple, que c’en est un bonheur !
Peut-être en lisant te diras-tu « mouais, bof, c’est tout ? Faut voir… ».Mais, ce n’est pas grave, c’est simple et c’est du bonheur.
Et puis, pour bien écrire, il faut bien manger, m’a dit un jour Épicure. Alors mangeons, et autant qu’à faire puisqu’on écrit, mangeons un millefeuille


Alors voilà :

Le millefeuille « y a pas de méee, y a pas de mal »

Tu prends une jolie rondelle de tomate, un peu épaisse quand même. Tu la titilles avec à peine 2 éclats de fleur de sel et autant de poivre de ton moulin. Comme elle est pudique, la tomate, tu la tapisses d’une bien belle est bien fraîche feuille de basilic.
Tu déposes une généreuse tranche de fromage de brebis frais de manière à ce qu’elle recouvre ta tranche de tomate habillée et qu’elle soit capable de soutenir d’autres étages qui arrivent
Encore le coup des à peine deux éclats de fleur de sel et de poivre, mais sur le fromage cette fois.
Une discrète branche de thym frais là-dessus.
A nouveau une belle tranche de tomate. Fleur de sel et poivre, tu connais maintenant. Peut être pas besoin de basilic sur celle-là.
Et alors, qu’est ce qui vient après la tomate, hein ? T’as suivi ? Et bien, la jolie tranche de fromage de brebis frais (fleur de sel / poivre, forcément).
Pas de thym à cet étage. Non, non, surtout pas. A la place, une belle rondelle découpée dans une jolie figue bleue, tellement belle que tu voudrais la croquer tout de suite. Non, mais.
Pas de fleur de sel et de poivre là, hein. On ne rigole pas avec ça.
Ceci dit, elle est pudique elle aussi la figue, alors tu lui dépose une petite feuille de menthe.
Puis une tranche de tomate.

Et là, soit tu t’arrêtes, soit tu recommences avec un étage brebis / thym, puis brebis / figue, etc… De temps en temps, tu peux glisser une feuille de basilic sur la tomate, comme sur la première, tu te souviens ?
Quand tu penses que tu as assez d’étages (ah la gourmandise !), tu parsèmes la dernière tranche de tomate (qui est déjà salée de sa fleur et poivrée mais toujours légèrement) d’un peu d’origan frais.

Ensuite, si tu as été très généreux en étages, peut être peux-tu utiliser un de ces piques en bois que tu utilises pour faire des brochettes de légumes grillés (tu sais ceux qui sont au fond du tiroir à gauche). Tu le plantes en plein cœur du millefeuille pour l’aider à ne pas s’écrouler tout de suite…

Tu fais autant de millefeuille que tu as de convives, ou que tu as envie d’en manger. Enfin, tu fais ce que tu veux !

Tu déposes tes millefeuilles délicatement (attention !) dans un plat qui va au four. Tu les arroses de quelques caprices d’une huile d’olive (une vraie hein).

Tu laisses chanter au four (préchauffer à 180, peut être 200) pendant une douzaine de minutes environ.
Mais, tu surveilles hein, et tu sors le plat quand la tomate te donne l’impression de souffrir et le fromage de brebis de ne plus vouloir faire partie du millefeuille….

Pendant que ça cuit, tu écoutes « Hallelujah » de Leonard Cohen repris par Jeff Buckley, avec un verre de vin (et pourquoi pas un Patrimonio rosé ?) et en chuchotant la chanson (ça marche aussi avec une autre, si tu n’aimes pas celle là).

Et puis tu invites tout ton petit monde à table, sur ta belle table joliment dressée, et tu manges.

C’est pas du bonheur ça ?

lundi, 5 septembre 2005

Désordre donné

(nouvelle version)

Pourquoi vouloir toujours défaire les choses dans l’ordre ?
Un peu comme un roseau qui ne peut que se tordre
Exposer de sa vie tout ce que l’on a su faire
Et prouver la douleur que l’on sait comment taire

Multiplier le désordre, fausser tous les calculs
Comme il faut, se soustraire et donner du recul
Ému, te plier au-dessus du fossé qui creuse les divisions
Du sang d’or sur la somme de nos poings de suspension

Il n’y a pas de retenue à peine une différence
Juste une opération plus ou moins un silence
La douce heure du désordre en cri de reniement
Un refus des missions car dans l’ordre le mot ment

A la lecture des comptes on s’invite des histoires
Pour se donner désordre, tout est face du miroir
Qu’est ce qu’une vie hors données sinon qu’une suite de jours
Chaque heure en est fraction, le temps nous joue détour



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(Merci à Mues pour l'intéressant échange à propos du désordre)
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Pourquoi vouloir toujours défaire les choses dans l’ordre ?
Et rester interdit comme un facteur se fait mordre
On voudrait repasser sa vie à coup de ce que l’on a su faire
Et laisser sur la table l’addition de ceux que l’on a soufferts

Multiplier le désordre pour fausser le calcul mental
Comme pour mieux se soustraire à l’exercice de style vital
Emu se plier pour créer un fossé et protéger nos divisions
On s’endort sur la somme de nos points de suspension

Il n’y a pas de retenue à vouloir faire la différence
Juste une opération plus ou moins un silence
Un quotient appliqué à tous ces dérangements
Conscient et impliqué car dans l’ordre le mot ment

Autant laisser les comptes entre parenthèses
Et se donner désordre pour mieux vivre à son aise
Qu’est ce qu’une vie bien rangée sinon qu’une suite de jours
Apprécier chaque fraction pour prendre tous les détours



dimanche, 4 septembre 2005

Rétroviseur : 22 ! Les vingt trois

Cher visiteur - lecteur, chère visiteuse – lectrice,

Que tu sois un / une vrai(e) de la première heure - et dans ce cas tu visites (est-ce que je peux dire tu viens ? parce que « visites», je ne sais pas pourquoi mais ça me fait penser à « visiteuse médicale ») ce blog non pas dans un but de lire les textes qui y sont parfois publiés, mais pour l’échange de savoureuses recettes de cuisine qui s’y pratique également – ou que tu sois jeune adolescente ou adolescent pré - pubère qui atterri (dans ce cas j’aime assez « atterri ») ici par l’intermédiaire d’un moteur de recherche qui t’a fièrement redirigé sur « embraser sur la bouche » (cool ! l’un de mes préférés) parce que tu recherches désespérément un mode d’emploi sur comment embrasser sur la bouche et que malheureusement tu aurais toujours pensé que ce mot s’écrivait avec un seul « s » - c’est dingue ! -, je t’invite à célébrer avec moi le difficile passage du cap des 22 textes en rime puisque nous en sommes à 23.

Il y a des soirs comme cela ou tu roules et tu progresses fièrement sur l’autoroute de la vie mais tu ne sais pas si tu avances trop ou pas assez vite alors tu ne peux t’empêcher de regarder dans le rétroviseur (je crois qu’il faut qu’on arrête là, on dirait une pale introduction à la Maurice dans « Maurice c’est la nuit » sur Ouï FM 102.3. C’était il y a combien d’années déjà ?).

Toujours est-il que là, maintenant, quand je regarde dans le rétroviseur et bien, 22 ! Les voilà, 23 textes en rime pour lesquels je serai très curieux de connaître ton avis et ton point de vue, alors n’hésite pas à les parcourir.

Catégorie « tour de chauffe » (un peu comme tu refais du vélo après des années sans en avoir fait)
-
Catégorie « exercices de styles »
Dix versions
Cercle vicieux: Je, tu, il, et caetera
-
Catégorie « travail d'équipe »
-
Catégorie « je, tu, vous : tout le monde sur le grand sofa »
-
Catégorie « ça va sans dire mais ça va mieux en le disant »

vendredi, 2 septembre 2005

Déclencheur

C’est comme une impression négative que l’on voudrait fixer à l’acide
Comme on révèle des mots par-dessus un regard vide
Comme s’il aurait fallu rester cacher sous une lumière artificielle
Comme si se résigner serait la solution universelle

Enfin arrêter de voir chaque matin comme le début d’un contre-jour
Se plonger dans un bain d’arrêt pour ne plus jouer les sourds
Comme une vérité qui apparaît soudain sur un papier glacé
Parce qu’on s’expose enfin à voir la vie d’un bon côté

C’est comme une surimpression de la volonté sur l’abandon
Parce qu’on sait supprimer le voile qui couvrait la raison
Comme on voudrait enfin sortir de la chambre obscure
Parce qu’il n’y a plus de flou et qu’on sait être sûr

Avoir juste la vie en perspective, l’objectif est bien clair
Comme le cap passé d’une mise au point nécessaire
Et puis savoir enfin jouer avec sa sensibilité
Toutes les images latentes ont été développées


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Petit bonus

Quand ce n'est pas voilé comme aujourd'hui (il y a des jours comme ça...), ça donne ça :


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