Je t'ai l'encre!


dimanche, 30 octobre 2005

Empreintes

Prêter attention jusqu’à en perdre toute la force de ses mains
Prêter main forte pour attirer l’attention
Emprunter finalement beaucoup plus qu’un chemin
Vouloir laisser des traces sans élever la tension

Je cherche une empreinte, un repère
Pour ne pas semer le bonheur tout au long de la route
Et s’il faut emprunter la force des vents contraires
Les cibles sont faites pour être atteintes, ça ne fait plus de doute

Pas à pas, empreindre la vie d’un bonheur irremplaçable
Comme on grave en lettres d’or la devise d’un royaume invisible
Sans que l’un prime sur l’autre, sans qu’il n’y ait de coupable
Indivisible du bonheur jusqu’à s’en croire invincible

Ouvrir grand les bras à la vie avec le bonheur pour guide
Parce que l’enfer s’attend au pas d’une porte close
Ne pas construire sa chance seul sur des terres arides
Ni se jouer des airs perdus lorsque tout s’y oppose

Je cherche une empreinte, un repère
Pour ne pas semer le bonheur tout au long de la route
Et s’il faut emprunter la force des vents contraires
Les cibles sont faites pour être atteintes, ça ne fait plus de doute

Reconnaître sa place sur les chemins empruntés
Vouloir laisser des traces et des rythmes imprimer
Des empreintes de vie, des rêves par moment par milliers
Des signes de joie, des gestes de bonheur qu’on ne peut pas oublier

jeudi, 27 octobre 2005

L'être elle

Billet à quatre mains avec Madame delphinE, .

Co - signature

Naissance de "Le mâle et Ph&" et de sa première note.

lundi, 24 octobre 2005

Lettre à un voyageur du désert

Des airs de solitude

(Seulement des airs)

Tu te promènes dans un désert comme un pénitent qui aurait décidé de s’affliger de lui-même une peine plus importante. Tu te promènes ou plutôt non, tu te traînes.
Tu ne peux pas vivre sans exprimer quelque chose. Sans expression artistique. Tu ne peux pas rester sans le partager. Et puis, tu as peur de la reconnaissance et de l’échec en même temps.
On te dira que c’est beau. Que c’est bien. On te dira même que tu as du talent. On te dira aussi qu’on n’aime pas. On te dira tout. On ne te dira rien.
Tu ne sais pas comment vivre cette exposition.
Alors tu erres. Tu navigues entre deux eaux. Au pire, ça secoue un peu, mais tu navigues. Enfin tu essayes plutôt.
Pas facile.
Mais pourquoi cela le serait-il ? Facile.
Tu le sais en plus. Et, tu l’acceptes. Alors ?
Alors, qu’importe. Tu erres, comme ça entre deux eaux. Jusqu’à en étouffer parfois. A te noyer dans l’une, à vouloir fuir l’autre. L’inconfort de l’entre-deux. L’insupportable. Les questions. Le questionnement permanent. La peur.
Sans reconnaissance pas d’échec.
Pas de reconnaissance, un échec.
Tu traînes des airs de solitude jusqu’à en atteindre une sécheresse, un manque d’inspiration que tu voudrais salutaire mais qui ne l’est point.
Tu te forces à endurer ce manque de souffle, jusqu’à en ressentir des bouffées de chaleur bien réelles. Un besoin d’air. Alors tu erres encore plus dans ton désert.
Cercle vicieux dont personne ne peut te sortir. Tu ne voulais pas vraiment y entrer. Et, à quoi bon en sortir ? Comme une position loin d’être idéale, certes, mais confortable dans le sens qu’elle est connue et sans surprise. Inconfortable aussi, dans le sens qu’elle te pousse au déchirement interne, aux questions sans réponse.
Pas facile. Toujours pas. Mais pas de surprise, au moins.
Voilà, c’est ça : sans surprise. Sans surprise et sans suite. Que les jours s’enchaînent mécaniquement sans trop de surprise. Que rien n’ait de suite.
L’absence de reconnaissance pour couvrir la peur de l’échec. Fuir la reconnaissance par peur de l’inconfort.
Demi-teinte, mais véritable étouffement. Pas assez de place pour s’exprimer dans cet entre-deux, mais des douleurs connues et maîtrisables de temps à autre.
Alors.
Alors, tu te dis qu’il vaut mieux y rester même si l’on n’a qu’une seule chance.

On ne vit qu’une seule fois et toi tu t’enfermes entre deux eaux. Tu y erres.
C'est dommage.

Tu es la seule personne à posséder la clé de cet enferment.
Alors.

Je ne sais pas comment te le dire autrement.

jeudi, 20 octobre 2005

je serai là demain


On me dit que bientôt je pourrai prendre mon courage à deux mains. On me dit que les deux pieds sur terre je peux aller loin sans peur de trébucher.
On me dit que nos lendemains sont les miens.
On me dit que de mes deux mains je construirai le monde. Celui de demain.
On m’apprend la volonté, la fierté et la patience.
On m’apprend la tolérance et la colère.
On m’apprend qu’il n’y a pas de vilain mais que des différences.
On m’apprend la curiosité et certainement pas la violence.
On m’apprend la nature, la joie et le bonheur.
On m’apprend le temps qui s’écoule.
On m’apprend à faire des choses de mes deux mains.
On m’apprend à construire avec les uns et aussi avec les autres.
On m’apprend l’amour et l’amitié.
On m’apprend les saveurs, les odeurs, les goûts et les couleurs.
On m’apprend à rire.
On m’apprend à m’émerveiller de tout et surtout des choses simples.
On m'
apprend la paix et surtout pas la guerre. On m’apprend à être fort mais à ne pas faire mal.
On m’apprend la réussite. On m’apprend les échecs. On m’apprend le courage et la déception. On m’apprend à me relever. On m’apprend la décision.

On m’apprend le rythme des saisons. Le vent, le soleil, les océans et les montagnes.
On m’apprend la fragilité.
On m’apprend toujours et on m’apprend encore.

Ils me prennent par la main.
Ils m’apprennent aujourd’hui et ils m’apprennent demain.
Mais ils s’inquiètent. Je le vois. Je les entends la nuit.
Je serai là demain.
Je serai moi demain.

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Travail d'équipe
Photographie : Hotpixel
Texte : Roger Nirggy

mardi, 18 octobre 2005

Le chercheur dort

Dans ses rêves, il cherche. Il revoit. Il revisite. Il parcourt les chemins de la veille.
Tous ces problèmes, toutes ces douleurs, tous ces risques, toutes ces peurs, toutes ses peurs viennent habiter ses rêves comme on hante un lieu sacré.
Il dort mais il ne dort pas bien.
Il cherche.
Il aime les gens. Il voudrait leur bonheur. Alors, il cherche. Il rêve de solutions. Ils sont là avec leurs problèmes. Il serait là avec des solutions.
Il voudrait que tout aille bien.
Utopie thérapie.
Il cherche. Il rêve. Il en rêve.
Il partagerait son bonheur. Il aiderait. Il participerait. Il s’engagerait. On le comprendrait. On lui répondrait.
Le bonheur de tous. Individuel et collectif.
Heureux sans peur du lendemain. Heureux sans avoir peur de la prochaine saison des pluies, de la prochaine canicule, de la prochaine épidémie, de la prochaine guerre, de la prochaine catastrophe.
Il rêve. Il cherche.
Il aimerait dire tout cela sans être maladroit. Il aimerait pouvoir en faire un beau texte. Il ne peut pas. Il ne peut plus. C’est trop en lui. Ça le préoccupe. Il y est trop attaché.
Il cherche. Il dort. Il rêve. Il en rêve.
Comment dire tout cela ?
Il y pense. Il y pense sans arrêt. Il ne dort pas bien.
Et vous vous dormez bien ?
Parce que lui il cherche. Ça le travaille. Il n’est ni chercheur, ni scientifique ni laborantin. Mais il cherche. Il cherche comment passer le message.
Message court – c’est la mode- : « Vivons tous heureux aujourd’hui et demain. »
Il pense à ses enfants. Il les imagine demain.
Il pense à tous ces gens. Il pense à tout et à rien. Il aimerait que rien n’arrive. Il est préoccupé.
Il pense aux glaciers en voie de disparition. Il pense à l’eau des rivières que l’on ne peut plus boire et dont la couleur provoque des cauchemars même dans ses rêves. Il pense à tout ce qu’on ne peut plus cueillir. A tout ce qu’on ne peut plus faire. Manger. Toucher. Voir. Dire. Sentir. Rencontrer. Écouter. Savoir.
Il pense à tout cela et à plein d’autres choses comme ça.
Il aimerait qu’on change d’échelle de valeurs.
Il ne dort pas bien.
Il voudrait rêver encore. Il ne peut plus. Il ne sait plus.
Que dire ? Que faire ? A qui ? Quand ? Comment ?
Il se demande si nous parlons tous le même langage ?
Il se demande. Il cherche. Il aimerait savoir. Il aimerait des réponses. Il aimerait qu’on se pose tous des questions.
Il ne dormira plus comme avant.
Il n’écrira plus tout à fait comme avant.
Il aimerait pouvoir écrire chaque jour un texte comme "La côte d’alerte".
Il est moi.
Et vous ?

Hein?

Non rien....

Toujours pas.

lundi, 17 octobre 2005

Allons! J'ai vous

Allons là où tout est tes cris
Sortons de là où tout est en nuit
Dans l’univers des peaux cibles
Exprimons sans fin nos gestes invisibles

Allons nous en en terre d’un connu
Et mon « nous » pour dire toi et moi
Même si le mot ment : « venu »
Je te dis viens, ému, aime moi

Allons ! J’ai vous
C’est pour la vie
Allons ! J’ai vous
Nos corps s’envient
Allons ! J’ai vous
Encore une fois
Allons chez vous
Et puis chez moi

Je te dis viens et viens en corps
Tu es ma vie, mon joyeux sort
Tu es envie et bien vivante
Je te suis comme une étoile filante

Tu n’attends plus car les vies dansent
De mains tu n’en tends plus car tu avances
Deux meurent d’émoi, de longue attente
Ce sentiment qui à part hante

Allons ! J’ai vous
C’est pour la vie
Allons ! J’ai vous
Nos corps s’envient
Allons ! J’ai vous
Encore une fois
Allons chez vous
Et puis chez moi

Nous partirons bien loin des « si »
Faire du bonheur notre pays
Comme deux pas sages mais en transit
Qui voudraient se retrouver vite

lundi, 10 octobre 2005

Mes jambes à vos coups


On me dit que la vie se parcourt à grandes enjambées
On me dit qu’il faut courir et ne jamais se retourner
Alors, j'ai pris les jambes à mon genou
Je les ai tenues fort pour les protéger de vos coups
J’ai rêvé d’une vie douce, j’ai rêvé de vous beaucoup
Assise la main au genou et le regard vers vous

On me dit que la vie se fait les pieds sur terre et le regard joyeux
Que les jambes comme la tête sont nos joyaux précieux
Je suis ma tête je suis mes jambes, je suis moi je le sais
Je la sens je la serre fort, je ne vais pas vous la laisser
Vous pouvez faire la grise mine pour vouloir m’en démunir
Voyez comme elles m’appartiennent, comme je veux y tenir

C’est une lourde charge mais rien n’y fera
Je braverai vos explosifs et vos rires de soldats
Mon regard vous fera sangloter à mes pieds
Vous n’y couperez pas, je refuse votre pitié
Ma volonté c’est ma force, ma montagne, le relief de mes mains
Mes jambes c’est ma vie, ma réplique pour vous faire courir loin

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Travail d'équipe

vendredi, 7 octobre 2005

Lavage automatique

Je me sens sale
Au sens propre comme au figuré
Je me sens mal
J’ai la figure marquée par mes propres actes manqués

Je mens dans des salles
Des idées de bonheur
Je vends l’idéal
J’envoûte les rêveurs

C’est une question d’hauteur
Si vous ne pouvez plus me sentir
Moi et ma propre odeur
Quand je me force à mentir

Je me sens si mauvais
Quand je dis agir pour votre bien
Je ne suis pas le vrai
Quand je flatte votre soutien

Mais c’est si insoutenable
De se sentir si sale
Qu’il est inévitable
De vouloir se faire mal

Comme une punition
Pour se laver de son pire
Comme on traite l’infection
Plutôt que de s’enfuir

J’ai menti dans tant de salles
Pendant tant de temps
Jusqu’à devenir immoral
Et vouloir lever le camp

Je me sens si sale
Mon amour propre me saute à la figure
Je me suis senti mal
Figurez-vous que mon cœur se fissure

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