Je t'ai l'encre!


mercredi, 28 décembre 2005

Gardien d'un ange


Que tu empruntes des routes, des pistes, des voies, des chaussées, des digues, des rues, des ruelles, des passages, des allées, des avenues, des boulevards, des sentiers ou même des autoroutes, je serai toujours fier de toi.
Que j’utilise des mots doux, des mots forts, des rimes, à mot couvert ou même à demi-mot, c’est ma fierté qui se déguise toujours derrière.
Quelque soit le chemin sur lequel tu me demanderas d’être là pour toi, je ferai toujours tout pour y être.
Je serai toujours là pour trouver une issue à tes impasses.
Je serai toujours là pour applaudir tes passages sur tes lignes d’arrivée.
Je serai toujours fier de toi, comme je l’ai été en étant le premier à t’accueillir dans mes bras et à te réchauffer doucement.
Je serai toujours maladroit pour te dire tout cela.

vendredi, 23 décembre 2005

Effets secondaires

Photo: Roger - collection personnelle - Argentine 2005


Quand nous n’aurons plus d’yeux pour pleurer mais juste pour secréter des larmes d’acide en guise d’expédient de toute cette amertume, de tout ce fiel, de ce dégoût de nous-mêmes, de cette honte de tant d’années voire de siècles d’échec et de sabotage de nos propres ressources naturelles, comment ferons nous pour nous regarder en face ?

Quand il sera trop tard pour taper du poing sur la table et dire que nous avons dépassé la capacité de la planète à répondre à nos modes de vie et vivons en "sur-régime" parce que nos doigts seront devenus trop fragiles pour former un poing et que le mot régime aura une signification beaucoup trop pénible pour chacun d’entre nous, le monde sera t-il toujours entre nos mains ?

Quand nous ne pourrons même plus envisager d’essayer de travailler tous ensemble à la résolution de ces énormes problèmes parce que la haine de l’autre, la peur du voisin, la faute de l’étranger sera inscrite dans la constitution de chaque pays et sera instruite à nos enfants dès les premières années d’école, comment ferons nous pour nous parler ?

Quand chaque année sera le théâtre de sécheresses majeures, que le mot « forêt » disparaîtra définitivement du dictionnaire ou renverra simplement à désertification, que la disparition d’espèces animales et végétales deviendra un phénomène banal, que nous passerons notre temps à vivre emmurés à cause des inondations et de l’élévation du niveau des mers ou en quarantaine à cause d’une augmentation des épidémies, appellerons nous toujours cela « la vie » ?

Quand il n’existera plus aucun processus, plus aucune clé pour débloquer ce verrou mortel, devrons nous nous en remettre à la fatalité ?

Quand nous n’aurons plus de mot pour expliquer tout ce désastre, il sera trop tard pour dire qu’il est trop tard.

Ce moment est arrivé.


Je vous souhaite un joyeux Noël et un excellent réveillon à base de conservateurs, agents actifs, anti-oxydants, colorants…

jeudi, 22 décembre 2005

Un certain temps

C’est comme si j’avais laissé toute mon encre là-bas et que j’efface en permanence chaque première ligne d’un nouveau texte.

C’est comme si je voulais tout garder pour moi et ne rien raconter.

C’est comme si je commençais à en parler, à en écrire, ou à trier les photos et que ma gorge se noue et m’empêche d’en dire plus.

Ce n’est pas comme si, c’est comme ça.
C’est comme ça que ma gorge se noue vraiment, tellement c’était…

C’est comme ça qu’un retour demande du temps.
Un certain temps.
Ça c’est sûr et certain.

“Paciencia y barajar”