Je t'ai l'encre!


samedi, 29 juillet 2006

Existe danse

Te regarder danser
Avoir de la chance
Se dire qu’une vie ça va bien plus loin
Que des rêves
Des rêves-errances
C’est fou comme toi tu danses si bien

Ne plus avoir peur du soleil peur de la chance
Et puis faire comme si de tout
Comme si tout irait bien
La chaleur et toi tu danses
Dans mon cœur
Aujourd’hui demain

Ne pas s’arrêter
De rires en joies immenses
Le parcours d’une vie qui se veut du bien
Abandonner le regard à ta jolie danse
Pendant des heures
Le temps n’est plus rien

Abandonner les soirs à nos espérances
Nos nuits, nos jours à nos lendemains
Si tu me demandes à quoi je pense
Je te dirais que je n’en sais rien
J’ai juste, juste de la chance
De vivre en te tenant la main

lundi, 24 juillet 2006

L'heure est venue

L’heure est venue. De fil en aiguille, elle a tissé sa toile. Un laps de temps. Une poussière d’étoile entre chaque seconde. La petite aiguille, celle des minutes perdues à panser l’impensable, démange les excès d’angoisse. Elle découd cette toile tissée au rythme monotone des douleurs lancinantes en mémoire du passé.
L’heure est venue. Elle ne pense qu’au futur. Ne connait qu’une seule direction. Le temps tisse sa toile comme on avance dans la vie. Le temps danse. Funambule agile sur le fil de ma propre existence.
L’heurt est venu. De me battre avec moi-même. L’heure est venue de me servir de mes bras pour me montrer le chemin. L’un se tend vers le haut et l’autre dessine le mouvement de celui qui va de l’avant.
L’instant est venu d’ouvrir les yeux. Aussi lourds soient-ils. Lourds de mémoire. De blessures. De souvenirs. De douleurs. De stigmates. De traces. Aussi imposant soit le poids du passé.
Le moment est venu d’ouvrir les yeux.
L’heure est venue d’accepter mon bonheur.
De ne pas en avoir peur.
D’être un tant soi peu sûr de soi. Qu’importe le temps et la distance parcouru.
L’heure est venue d’oublier les angoisses.
De regarder encore plus longtemps dans tes yeux à remonter mon moral.
De ne pas avoir peur de s’avouer que tout va bien.
C’est le moment d’y croire. De continuer à mettre un pied devant l’autre.
De se dire que le bonheur c’est ça et que c’est bien.
L’heure est venue de se dire que je suis heureux chaque seconde. Et que ce n’est pas une première.
C’est le moment.
Oui.

mercredi, 12 juillet 2006

Ne m'oubliez pas

Et puis il y a eu ce moment ou j’ai compris.
J’ai compris qu’on me faisait vivre sous terre.
J’avais brisé une plaque de bois qui recouvrait un morceau de mur, en bordure de plafond.
De la lumière était entrée. Je ne l’avais pas reconnue tout de suite. Cela a été un peu violent pour mes yeux. Pour moi. J’ai cru que j’étais en train de mourir.
De la lumière. J’avais trouvé mon ouverture sur le monde.
De la lumière. Je voyais le ciel. Un peu. Que le ciel. Et la pluie. Lorsqu’il pleuvait.
Un jour, il y a eu un gros orage. Quelques gouttes d’eau sont arrivées jusqu’à moi. Jusqu’à ma peau depuis mon ouverture sur le monde. J’ai eu l’impression de revivre. Juste une impression. Quelques secondes.

Je n’ai pas peur des orages. Ni du reste d’ailleurs.
D’ailleurs, ailleurs est un mot qui a disparu de mon langage. De mes pensées.
J’ai fini par perdre la raison. Et le goût des saisons. La notion du temps aussi. Bien sûr.
Voilà, c’est ça. Je dis bien sûr. Je trouve donc ça normal. J’ai sans doute capitulé, bien sûr. Accepté ma situation. Baissé les bras. Et puis, des bras baissés en dessous de la terre, ça veut dire quoi, au fond ?
Il faudrait que je les lève mes bras. Que je les tende vers mon ouverture sur le monde.
Bien sûr. Il faudrait…
Il faudrait tant de choses. Qu’on se rappelle de moi. Que j’y crois. Que je sois fort. Que j’arrête de me dire que vivre enfermé sous terre, c’est mourir un peu, à petit feu. Même si il fait froid.

Je me suis replié. Renfermé sur moi-même. Moi et mon ouverture sur le monde. Mon ciel. Rien que nous. Plus de place pour autre chose ici. Plus de place pour autre chose dans mes pensées. Tout ça ne tient qu’à un fil. Cette maigre ouverture sur l’extérieur.
Ce n’est pas bon, non. Bien sûr.
Je tourne en rond dans ma petite pièce carrée avec son ouverture sur le monde. Quel monde déjà ? Je fini par ne plus savoir. Par ne plus m’en souvenir.
Je fini par ne plus savoir si j’ai les yeux ouverts ou fermés. Je ne sais plus si mes jambes me portent ou si je les porte. Je ne connais plus mon âge. J’oublie. J’oublie le visage de mon père. De mon voisin. Le mien. Celui de mes amis.
J’oublie la raison pour laquelle on me la fait perdre.
J’oublie les noms de ceux qui m’ont oublié.
J’oublie qu’il existe des mondes. Meilleurs.
J’oublie les mots. Bonheur. Autre. Toucher. Odeur. Saveur. Chaleur. Toi. Moi. Nous. Regard.
J’oublie que l’on m’a oublié quelque part pour le bien ou le mal de quelque chose ou de quelqu’un. Ou pour rien.
J’oublie tout.
Je ferme les yeux. Enfin, je crois.
C’est tout.