Je t'ai l'encre!


jeudi, 31 août 2006

Des buts

J’écris parce que je passe mes jours sans avoir vraiment le temps de me parler
Parce que tout va vite et que je veux aussi pouvoir prendre le temps de m’asseoir à côté de moi
A côté de tout
J’écris pour me parer de cette lumière blanche qui surgit d’un coup
Cette lumière qui n’éclaire pas mais qui brûle les yeux et le reste
Ce soleil inversé
Cette nuit en plein jour
Cette brûlure
Ce magma qui surgit du fin fond de mon âme, de mon moi, de ma mémoire, de mes souvenirs, de mon histoire
J’écris pour me parer de ce soleil là
J’écris pour moi
Pour pouvoir être moi pleinement
Pour être libre quand je suis avec vous
Pour toi, pour moi, pour nous
J’écris pour pouvoir être à l’abri de ce soleil inversé quand je vous donne tout de moi
Quand je respire à votre rythme, quand je vous pousse, quand je vous retiens
Quand je vous aide, quand je vous aime
Quand je cours avec vous à la conquête de... de rien du tout finalement
Ou pas grand-chose
J’écris pour capter une lumière qui ne connaît pas les saisons
J’écris pour jouer avec cette lumière
J’écris pour dompter ce soleil inversé
Cette brûlure glaciale
Ce quelque chose qui cache un peu de moi, au fond

dimanche, 27 août 2006

Vieille heure de nuit

Il y a ces heures qui passent à régler ces conflits d’intérêt à l’intérieur de soi
Et le temps ne passe pas quand ces heurts cassent la machine à remonter le toi
Ces tiraillements qui ne se règlent pas à coup d’aiguille des minutes fixée inlassablement pendant une nuit entière
Il y a ce corps, ce cœur, ces raisons, ce désaccord, ces peines perdues, ce moi, ce faible, et ce besoin de se sentir fort et fier
Il y a ces bruits dans la nuit qui rappellent l’irréparable, ces secondes qui passent devant les yeux ouverts à fixer le plafond
Et pourtant je me sens bien, avec ces heures passées, ces guerres internes, je me sens moi fort et faible au fond
En surface aussi, il y a ces sentiments prêts à surgir, prêt à rougir sous le froid, sous l’effroi des souvenirs qui se la jouent en nuit
Les ennuis et les yeux ouverts comme des plaies béantes qui réapparaissent après chaque goutte de pleur, chaque goutte depuis
Et tout ça coute une nuit entière à regarder passer le temps entre les yeux et le plafond pendant que se déchirent en corps les copies ramassées du devoir de mémoire
Le devoir, la mémoire, se voir deux, l’un fort, l’autre faible, se voir d’eux et se rappeler tout ce qu’on ne voulait plus savoir
Comme un dernier rappel avant le levé du rideau, le levé du soleil, le saut du lit déserté l’espace d’un instant entre soi-même et le plafond, ce ciel noir de nuit comme de jour
Ces longues minutes à s’attendre soi-même, à se dévoiler la face, à se dire sévérité, à se mentir un peu, à se donner des coups et à se jouer des tours

Il y a ces heurts qui durent une vie entière
Il y a ces nuits entières ou l’on ne voudrait plus se voir savoir
Mais juste fermer les yeux


(note numéro 150)

samedi, 26 août 2006

Tu peux venir si tu veux

En attendant, je me souviens que cela fait un petit bout de temps que je t'attends.

jeudi, 24 août 2006

Déplumé

Photo: Collection personnelle - Patagonie 2005

Les mots s'enfuient comme un soleil qui s'échappe.

mercredi, 16 août 2006

Câlin d’œil

Photo : Collection personnelle - Patagonie 2005

Il y a ces jours difficiles. Ces jours chargés de questions. Ces jours sans nuit pour les oublier. Ces jours où j’aimerai être ailleurs. Autre chose. Faire autre chose. Vivre autre chose. Avoir à dire autre chose. Ces jours qui demandent plus. Ces jours qui valent bien une semaine. Ces jours pendant lesquels le temps ne semble pas passer.
Il y a ces jours. Oui. Aussi. Ils sont là. Ils font partie de la vie.

Et puis, et surtout, il y a tes yeux. Toujours là. Quoiqu’il arrive. Quoiqu’il m’arrive. Tes yeux. Ton océan de douceur. Leur couleur vive. Ta rage de vivre. Tes yeux miroir. Miroir du soleil. Miroir de tes sourires.
Tes yeux dans lesquels je plonge pour oublier la moindre seconde de tous ces jours qui passent sans vraiment passer au fond.
Il y a tes yeux. Ton regard, dans lequel je lis la vie. L’amour. La joie. L’envie d’oublier ces jours. D’en construire d’autres. Meilleurs. Toujours.
Il y a tes yeux. Ton regard. Je les attends chaque matin. Je les guette. Ils me manquent. Comme une drogue douce. Très douce. Très très douce.
Ils me parlent. Ils me guident. Me rassurent. Tes yeux. Ton regard. Toi.

Il y a ces jours difficiles, oui, mais je m’en moque tant qu’il y a ton regard qui me les efface comme des vagues qui viennent délicatement recouvrir le sable d’une plage.

mercredi, 9 août 2006

Encore à corps

Photo - Collection personnelle - Argentine 2005

Il n’y a pas qu’à la première danse que nos corps se serrent et se découvrent en étant l’un contre l’autre. Il y a tous ces soirs, tous ces instants. Toutes ces nuits.
Toutes ces secondes. Tous ces moments ou nos corps s’accordent. Toutes ces fois ou l’on se murmure des choses que l’on ne regrettera pas. Toutes ces fois. Uniques. Ces instants. Cette magie. Cette chaleur au fond de soi. Que l’on soit l’un contre l’autre. Ou loin de l’autre. Il y a cette magie qui opère. Ce frisson. Cette voix. Ce toi. Et moi.

Et puis il y a ce besoin. Cette peau. Cette respiration. Ces odeurs. Uniques. Ce regard dans les yeux. Ce regard de vie. Ce cœur qui bat. Tous les records.
Cette danse de la vie. Cette dépendance. De corps. Deux corps.
Ce silence. Nécessaire. Ce langage fait de gestes.
Ce rythme, ce tempo. Nos têtes qui tournent. Tour à tour. Autour de l’un. Autour de l’autre.
A ton tour de choisir la cadence.
Danse. Danse avec moi. Avec nos cœurs. Avec nos corps. Nos sourires.

Nos corps se partagent les espaces. Les pleins et les vides.
Ils s’écoutent. Se complètent. S’ajustent. Captent les résonnances, les battements de nos vies.
Et puis il y a ces codes subtils qui se créent. Ces signes de reconnaissance.
Ces désirs aveugles.

Il y a tout ça. Mais chaque instant est unique. Chaque rencontre de nos corps a ce petit quelque chose de magique qui fait que cela ressemble à une première rencontre de deux cœurs qui s’assemblent.
Il y toutes ces vibrations. Cette communion parfaite. Inoubliable.
Il y a tout cet indescriptible.
Nous sommes tombés d’à corps.
Pour la vie.

dimanche, 6 août 2006

Mauvais rêve

Entendre
Tes peurs du futur
Sentir
Couler sur tes tempes
La sueur salée par nos efforts
Pour rester adaptés
A un monde qui nous rattrape
Quand on rêve quand on s’échappe

Quand on s’enfuit
Le monde nous poursuit
Dans tes rêves
Aucune trêve
Le futur nous ressemble
Tu te réveilles, tu trembles
Mauvais rêve
Mauvais rêve

Et tendre
Tes bras vers le haut
Souffler
L’air qui nous entoure
Chaque jour on se dit
Qu’il se peut qu’on l’oublie
Qu’il se peut qu’on s’enfuie
Qu’il est dur de ne pas avoir peur

Quand on s’enfuit
Le monde nous poursuit
Dans tes rêves
Aucune trêve
Le futur nous ressemble
Tu te réveilles, tu trembles
Mauvais rêve
Mauvais rêve

Ouvrir les yeux
Tes yeux face à cette lumière blanche
Comme on lâche la main à ses souvenirs d’enfance
Et dire
Quelques mots de douleurs
A quels maux à quelle heure
Notre rendez vous est-il pris ?
Avec le futur, notre peur

Mauvais rêve
Mauvais rêve

samedi, 5 août 2006

Naître

Parce que les photos de nuit de delphinE sont touchantes.
Parce que nos collaborations sont toujours de bons moments.
Parce que son fils a l'âge de ma fille.
Parce que son deuxième enfant aura l'âge de mon deuxième.
Parce que nous partageons donc un peu quelque part la même impatience.
Parce que tout ça :

Naître

vendredi, 4 août 2006

Les grands écarts

Photo: Collection personnelle - Terre de Patagonie - Déc 2005


Voilà. La vie est ainsi faite.
Avec ses blessures qui ne se referment pas. Ou plus.
La vie, et des chemins différents que l’on emprunte.
La distance de cœur et de corps. L’absence de points communs. L’absence de points sur les i aussi parfois. Souvent. Trop souvent, peut-être.
Laisser passer le temps. Laisser chacun creuser ses propres sillons. Sans vraiment se dire. Se dire les choses. Les choses de la vie justement.
Le fossé se creuse. Comme un décalage. Un décalage temporel entre personnes qui vivent à la même époque.
Que l’on soit à l’autre bout du monde. A l’autre bout de la France. Quelque part ailleurs. Que l’on parle ou pas la même langue. Ca ne change rien. Et rien ne change. Peu de choses. Finalement.
C’est une question de fréquence. Nous ne parlons pas tous sur la même fréquence. Mais nous vivons sur la même terre. Pourtant.
Comme une incompréhension quasi volontaire. Une ignorance. Un quelque chose d’inévitable.
Entre nous.
Entre nous. Tous les fossés de la terre peuvent bien se creuser. S’élargir. Imploser. Cela importe peu. Chacun tient trop à son propre regard. A sa propre espérance. Sa propre passion. Chacun refuse de connaître son tant soit peu d’incapacité à s’adapter pour l’autre. A l'autre. Et vice versa.
Pourtant nous ne sommes rien sans l’autre.
Pourtant. Il y a cette chaleur entre les hommes. Entre les corps. Il y a ces battements de cœur. Il y a cette terre que nous foulons. Que nous battons pas à pas. Au même pas quand il le faut. Quand il le fallait.
Pourtant. Il y a cet inconfort dans la solitude.
Mais ça ne fait rien. Les écarts se creusent et se mesurent. Se mesurent en douleur. En bleu à l’âme. En larmes. En insomnie. En inconfort permanent. En non-dits. En ouï-dire. Quoi qu’il arrive.
Tu as beau lutter sur ta propre rive, l’autre s’éloigne. Au rythme de la vie. La tienne et celle des autres. Des autres en face.

mardi, 1 août 2006

Nuits froides

Il fait chaud.
Un été brûlant.
Des nuits courtes, durant lesquelles la chaleur n’apaise ni les corps ni les cœurs.
Il fait chaud.
Le jour. Et la nuit.
Et pourtant...
Il y a toujours ce froid dans le dos.
Ce passé qui ressurgi en pleine nuit sans prévenir.
C’est une étrange sensation, un froid dans le dos quand on a trop chaud.