Il y a parfois cette difficulté à aligner les mots les uns derrière les autres. Au dessus des autres aussi. Au dessus de ceux des autres, même.
Sans doute que c’est la fin. La fin de là. Ou juste la fin de l’année.
Mais pas sans doute. Car les doutes se cachent toujours quelque part au fond. Prêts à ressurgir dès qu’on leur en redonne l’occasion.
En cette fin de là ou d’année se sentir comme une vieille voiture d’occasion - justement - qui fait le trajet jusqu’ici de manière machinale. Comme une vieille voiture qui a fait le tour du compteur. Exploité tous les recoins, tout donné. Qui a toujours été présente.
Sans doute qu’elle pourrait repartir cette vieille machine, recracher sa fumée, crisser dans les virages. Sans doute. Ou presque sans.
Ca doit être ça la fin de l’année. Ou de là. Le sang se glace alors qu’il ne fait pas encore froid. Peut être que nous ferons de la luge en août et rouvrirons la piscine pour noël. Mais le sang se glace quand même lui. Question d’horloge.
Sans doute que c’est tout ce mélange qui fait que. Ce chaud, ce froid. Cette fin avant un début. Ce sang glacé. Sans raison sans doute mais avec quelques doutes quand même. Et quelques gouttes. Quelques gouttes depuis. Depuis tout ce temps. De l’eau a coulé sous des ponts.
Sans doute que c’est tout ce mélange qui fait que les mots ne rentrent plus dans le rang, ni l’un après l’autre, ni l’un plus haut que l’autre.
Sans doute un peu de tout. De tout ça. Se sentir sûr au sang glacé, gelé. S’emmêler. Tout ce mélange des choses. Qu’on nous présente. Qu’on voit. Qu’on prévoit. Qu’on dit. Qu’on prédit.
Sans doute que c’est là. La fin. De l’année.
Les mots ne s’alignent plus mais se tassent au fond, en fin d’année. Comme s’ils voulaient tous passer le cap. Le cap, le début de l’année prochaine. Prochaine, c’est beau. Il y a proche. Et sans doute que je me sens proche de ceux qui en ont des doutes. Sur leur route.
Alors je ferme les yeux et je compte jusqu’à cent. Doutes.