Je t'ai l'encre!


dimanche, 27. mai 2007

Le titre, comme le reste, n’a pas d’importance

J’ai fermé les yeux tellement longtemps que lorsque je les ai rouverts, il n’y avait plus personne. Il y avait de la friture sur la ligne quand on s’est parlés au téléphone. L’orage sans doute. Je ne sais pas. Il y a de la friture sur ma ligne quand je me parle à moi-même aussi, de toute façon. Mais ça n’a pas d’importance parce que j’ai fermé les yeux pendant longtemps. Je crois que ça s’est vu. Tu crois ? Ca n’a pas d’importance. Comme le reste.
Il y a ce sentiment de vide et de froid en même temps. C’est important. Après avoir fermé longtemps les yeux, il faut se lever de sa chaise. Faire quelques pas. Ils sont importants ces pas. Aller de l’avant. Vide et froid. C’est un peu comme si je plongeais dans une piscine glacée avec l’espoir de la transformer en bain bouillonnant rien qu’avec la chaleur de mon corps. Il va falloir que j’attrape la fièvre. Que je lui cours après, la fièvre. La « niaque ». C’est comme ça qu’on dit ? Qu’on l’écrit ? Ça n’a pas d’importance.
Quelques pas vers l’avant. Importants.
J’ai fermé les yeux. Longtemps. Comme ça. Sans y attacher d’importance. Qu’est ce qu’il s’est passé ? Quoi ? Qu’est ce qu’il se passe ? Allo ? De la friture. Ca bouge. Du mouvement. Autour et à l’intérieur. De moi. De l’émoi. Se bousculer les yeux fermés. Ecriture automatique comme la fermeture de leurs portes. Se bousculer. La fièvre. De l’écho dans la voix. Vous m’entendez ? Bien. Ca n’a pas d’importance. Pour l’instant. L’instant, c’est les yeux fermés. Une répétition générale en attendant la fièvre. Une répétition à huis clos. A yeux clos. En attendant.
En attendant, tu es là. Oui. La main. Les mots. Doux. Attendre et tendre la main. Attendre un peu avant d’être nostalgique. Tu es là. Tu es l’as. Il y a plusieurs cartes. Plusieurs routes. Une vie. Une envie.
Fermer les yeux pour laisser monter l’envie. Fort. La fièvre. S’attarder sur des choses sans importance. Juste pour voir. Les yeux fermés. Pour voir. Comme au poker. Jeu de cartes. Plusieurs routes. Jeu de cartes. Tu es l’as. Tu es là et c’est bien.
Va donner un titre à tout ça toi. Toute cette salade. Cette salade d’été. Cette salade qu’il faudra bien démêler. Rapidement. Dès la fièvre. Va donner un titre. Va te donner un titre. Démêleur de salade enfiévré. Mais ça n’a pas d’importance. Les titres. Les titres qu’on se donne. Tu sais. Ca n’a pas d’importance les titres. Comme le reste. Ce qui compte ce sont les pas que l’on fait après avoir fermé les yeux pendant longtemps.
Les pas vers l’avant. Quelque soit la route. Quelque soit la carte.
J’y vais. Je marche.

39 réactions:

mirza a dit…

Parfois j'ai l'impression de me lire moi-même, comme si je me découvrais de l'extérieur mais là ! C'est tellement le cas !

Alors merci.

Bérangère a dit…

merci de les avoir réouverts !! Enfin ! et merci pour ces pas dans le vide et dans le froid. Dans l'effroi ?

Nathalie a dit…

C'est bien!

Bravo au démêleur de salade enfiévré. Tu fais ça très bien, la démêlade de salade.

Je reviendrai. Pour te dire que le pas en avant que tu fais, je le ferai aussi en revenant.

Là, en face de toi, nous marchons aussi. Vers toi.

Cali Rise a dit…

Et puis les titres, on s'en fout. L'important, c'est le dedans. Le dedans et les yeux grand ouverts. Parce que les yeux grand ouverts, ça évite de se casser la gueule. Surtout quand la marche en avant reprend.

g. a dit…

Bah au risque de déplaire, au risque d'agacer, j'y accorde de l'importance au titre.
Je devrais changer alors ?
g.

Imparfait présent a dit…

Mirza > Ben... je ne sais pas quoi dire du coup. Merci.

Bérangère > Tu sais je crois que plus mes pas vont avancer, plus il faudra être patient avec le rythme des publications ici. Effroi, au sens peur, oui. Je pense qu'on en a tous un peu au fond de soi quand on fait des pas vers l'inconnu

Nathalie > Pour le démelage de salade, je débute seulement... Merci d'être là.

Cali rise > Et sans doute qu'il faut aussi "ouvrir les oreilles"...

g. > Non, ne change pas. Tu sais, si je me rabache que le titre n'a pas d'importance, c'est que sans doute quelque part au fond j'y attache plus d'importance que je ne le crois... Et je me dis qu'on est sans doute tous plus ou moins comme ça. {je t'enverrai une carte de visite si tu veux ;) }

ph&-no a dit…

impasse devant l'autre

Nathalie a dit…

"Le titre comme le reste n'a pas d'importance."

"...si je me rabache que le titre n'a pas d'importance, c'est que sans doute quelque part au fond j'y attache plus d'importance que je ne le crois."

Mais bien sûr. Qui l'a cru, patate crue, que tout cela n'avait pas d'importance ? La clé est dans le "comme le reste". Le reste EST important. Crucial même. Le soutien des mots doux. Et le pas en avant.

C'est comme la fleur du petit prince. L'important est invisible pour les yeux.

delphinium a dit…

il faut avoir une bonne carte pour aller de l'avant, pour marcher à nouveau après avoir fermé les yeux. Une bonne carte pour prendre le bon chemin, celui que l'on trouvera bon, même si les autres ne sont pas toujours d'accord. Alors, on ouvre les yeux, on regarde les cartes, on regarde la carte et on avance, les bonnes cartes en main. :-)

Tas-Lit-Banc a dit…

Depuis hier, depuis toi mon coeur
s'est réchauffé,
G la fièvre au corps...

Imparfait présent a dit…

Ph&-no > C'est un peu ça, oui!

nathalie > Exactement! Tu as raison et je vais relire le petit prince

delphinium > Sinon on peut aussi demander son chemin :)

Tas-lit-banc > Vous faites erreur. Désolé.

bv a dit…

ton titre qui dit qu'un titre n'a pas d'importance en dit suffisament sur l'importance que tu lui donnes, à ce titre sans importance.
tu manies trop bien les mots à partir de ce que tu ressens pour faire fi de l'importance qu'a l'ouverture d'un texte sur l'inconscient des gens.

à lire tout doucement et plusieurs fois ;-)

Zorn a dit…

et hop, un pas de plus sur la marelle !

merlin a dit…

c'est bien d'arriver à écrire des choses sans importance (même si on se trompe)
c'est bien de lâcher et de ne pas chercher à démèler
et puis ralentir est une bonne chose (coué)

Nathalie a dit…

"Je marche" - c'est important.

"courir apres la niaque" - c'est important?

Nathalie a dit…

"Je marche" - c'est important.

"courir apres la niaque" - c'est important?

Nathalie a dit…

Relire Le Petit Prince, oui, tout est dedans.

Lunaba a dit…

on se définit par rapport à ses actes et ses choix, peu importe le titre...
ma strophe préférée [En attendant, tu es là. Oui. La main. Les mots. Doux. Attendre et tendre la main. ... Fermer les yeux pour laisser monter l’envie. Fort. La fièvre. S’attarder sur des choses sans importance. Juste pour voir. Les yeux fermés. Pour voir. Comme au poker. Jeu de cartes. Plusieurs routes. Jeu de cartes. Tu es l’as. Tu es là et c’est bien.]

parfois tu frises le sublime ;)

Lunaba a dit…

ça me fait penser à une très belle chanson "Seasons in the sun"...

Goodbye, Michelle, my little one.
You gave me love and helped me find the sun.
And every time that I was down
you would always come around
and get my feet back on the ground.
Goodbye, Michelle, it's hard to die
when all the bird are singing in the sky,
Now that the spring is in the air.
With the flowers ev'rywhere.
I whish that we could both be there.
We had joy, we had fun, we had seasons in the sun.
But the stars we could reach
were just starfishs on the beach ...

http://www.radioblogclub.fr/open/144661/seasons_in_the_sun/Terry%20Jacks%20-%20Seasons%20In%20The%20Sun

ltds a dit…

l'important c'est d'avancer mais aussi d'accepter les instants statiques, figés, sans rien que le vide de tout mouvement, apprendre la patience et faire confiance à soi d'abord...et que loin d'être une machine...un battement des paupières suffit à repartir...d'ailleurs je me demande si dans cet arrêt, il n'y a pas le Tout qui permet d'être...

Oups...ma salade grille dans le panier !

Aslé

Nathalie a dit…

ltds a sans doute raison. Les temps statiques ne sont pas des temps morts, on avance meme quand on ne le sait pas forcement sur le moment.

Il y a des moment où les choses se décantent, s'absorbent, et ils sont aussi importants que les moments où l'on met un pied devant l'autre.

Tout de meme j'espère bientot un nouveau post, pour le plaisir de te lire.

Cergie a dit…

C'est super de lire les commentaires quand on arrive après.
Et tes réponses;
On a l'impression d'être dans un thêatre grec en plein air et il y a le choeur antique et le récitant qui est toi !
Et cela fait des allers retours, des réponses à des questions ou des réfléxions qui font suite à d'autres réflexions et ça avance comme cela.
C'est un jeu de balle, un ping pong. Une joute verbale qui n'est pas une joute mais une conversation de groupe.

Cergie a dit…

Je me demande quelle est la signification de ce temps les yeux fermés
De ce message tout court.
Est ce un temps de pause à un embranchement avant de faire un pas en avant justement càd de prendre une importante décision ?
Une décision à prendre seul même si elle concerne d'autres.
Quelle route choisir pour arriver où ? Le titre n'a guère d'importance bien sûr, ce qui compte c'est la fonction ou le contenu. Le titre c'est juste pour cataloguer, pour classer, pour s'y retrouver. Ou pour hiérarchiser.
En tout cas c'est formidable de ne pas être seul ENSUITE quelle que soit la décision prise. Tu t'y tiendras tu arriveras et tu ne seras alors pas seul.
Quelque soit la décision, indépendamment du titre, elle sera prise. Et VOUS avancerez.
C'est bien. Ce sera bien.
Non ?

Imparfait présent a dit…

BV > J'ai failli avaler ma langue en lisant ton commentaire...

Zorn > Belle image!

Merlin > Oui oui. Mais le probleme c'est que j'accelere...

Nathalie > La niaque pour ne pas marcher mollement

Lunaba > Oui c'est vrai que si je me laisse pousser les cheveux qui restent, je frise...
Merci pour la chanson!


ltds > C'est une peu ce que je fais quand je ferme les yeux. Oui. C'est important.

Nathalie > C'est gentil de m'encourager. Je crois que je dépense trop mon energie par ailleurs et que je n'en ai plus pour soulever le stylo...

Cergie > Le theatre Grec, c'est beau. On devrait essayer tiens! Et oui c'est ça, tu as raison. Et c'est bien.

g. a dit…

Pourquoi, c'est une enigme la carte de visite ?
g.

Cergie a dit…

La carte de visite c'est une réponse.

Cergie a dit…

Un indice plutôt...

g. a dit…

Comme si je me posais pas assez de questions dans la vie.
[Un peu ironique bien sur]
g.

Cergie a dit…

On tend sa carte de visite à quelqu'un que l'on rencontre pour la première fois car elle contient plein de renseignements : nom prénom, adresse, adresse mail, site web etc
Et surtout la raison sociale...

On tend aussi sa carte de visite lorsqu'un de ces éléments change

Dis moi imparfait, tu peux m'en donner une à moi aussi lorsque tu les auras, les nouvelles ?

C.

PS : moi j'ai pas de carte de visite, j'en avais une de la famille et on avait mis les trois enfants mais les enfants sont partis depuis de la maison
Peut-être que je n'ai plus de raison sociale alors ?

élodie a dit…

Tu fais des crises d'épilepsie?
es tu hypocondriaque?

Imparfait présent a dit…

g. et Cergie > Bon, ben... je vous laisse!

Elodie > Non, pas du tout! Je me concentre en fermant les yeux...

Cergie a dit…
Ce message a été supprimé par l'auteur.
Cergie a dit…
Ce message a été supprimé par l'auteur.
g. a dit…

Je me sens perdue, mais c'est peut-etre normal.
Bref.
g.

Imparfait présent a dit…

g. > Non tu n'es pas perdue puisque tu es là! Et c'est ça qui compte.

Nathalie a dit…

Coucou
Juste une petite visite pour savoir si tout va bien ?

Nathalie a dit…

PS - j'aurais dû écrire "comment ça va mon vieux ?", ç'aurait été plus drôle.

L'humour à retardement, bof...

Imparfait présent a dit…

Nathalie > Oui oui tout va bien... "ma vieille" :)
C'est juste que les pas je fais en ce moment m'éloigne un peu (beaucoup de mes activités blog...

imparfait P a dit…

*m'éloignent*

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