Je t'ai l'encre!


mardi, 23 janvier 2007

Un deux, toi, soleil!

Je suis sud de toi. Du soleil dans tes mots. Il y en a, plus que tu ne crois. Des rayons ultra-vie. Une volonté de la remettre au centre avec ces hauts, ces bas. La vie. Là. Maintenant. 
Une envie de balayer les mauvaises passes. De souffler un vent du sud sur le sang qui se glace. Une envie de vivre qui s’accroche comme des rayons de soleil brisent un brouillard de décembre. Au milieu de tout ça. Au centre. Au milieu de toi, il y a un cœur qui bat haut et fort. Et moi je suis sud de toi. Je suis sûr que toi, la vie tu la vois comme une chance, comme une danse qui ne se refuse pas.

Je suis nord de toi. Du soleil dans mes maux, il y en a. Un soleil noir exorciste de mes peines, brûlant, scarifiant par endroits les brûlures du passé, du présent.
Du soleil marqueur de vie, empreinte indélébile d’un possible meilleur. D’une vie. Là. Maintenant. Tout de suite. Une envie de la vivre cette vie, de m’y accrocher, de lui hurler qu’il est encore possible, probable. Qu’il est encore.
En face, à côté, tout près, il y a toi, il y a eux, il y a tous ces reflets, toutes ces nuances de couleur, tous ces mots, ces silences, hurlés ou murmurés.
Il y a tous ces appels. A la vie, à l’envie.
Alors oui je serai nord comme tu peux être sud, je laisserai mon corps se réchauffer par les courants d’air chaud, je laisserai mon cœur battre haut et fort, je le laisserai encore et encore... Valser au rythme de la vie.

Le soleil de toute façon se moque du nord et du sud, il passe par-dessus les pôles pour te réchauffer le cœur et le corps comme ce souffle chaud et ces mains que l’on tend. Main tendue, maintenant à quelques « n’être » de l’ombre sous laquelle tu te terres, tu te tais, il y a ces rayons de soleil et de joie qui t’attendent. Comme un miroir qui reflète un autre regard du passé. Un autre regard mais pas le regard d’un autre. Le regard de ces moments ou l’on délaisse le temps passé à additionner les moins bien, les blessures, les brûlures et autres maux. Ce n’est plus le moment, non. Ce miroir c’est celui des avancées. Car avant c’était bien aussi. Des sourires qu’on oublie plus vite que des pleurs, des envies plus vite que des peurs, des souffles d’enfant que l’on respire encore au fond de soi. Des premiers mots, des premiers toi, des yeux qui brillent comme un soleil, justement. Et de ces avants ci, il y aura des après qui tourneront le dos aux « ça ne marchera pas » car c’est marche après marche que les étapes du tour de force se gagnent. Une à une.

Alors je l’attendrai ce soleil, sous la seule latitude que je connaisse ; l’incertitude. Je l’attendrai, terrée dans l’ombre de mes doutes, en écho mes déroutes.
Je l’attendrai.
Je le laisserai m’apprivoiser, lentement, me dessiner sur mon corps encore tiède, la chaleur de mes joies, passées, futures. Je le laisserai me réchauffer, ranimer mes membres engourdis par une trop grande torpeur. Raviver la flamme, l’étincelle, jusqu’au brasier final.
Je le laisserai.
Parce que de toute façon, le soleil se moque bien des rives, des dérives, des berges opposées. Il passe par-dessus les eaux, les maux. Il apaise les traces d’un passé devenu trop présent ou peut-être trop absent. Il apaise mais n’élude, il est juste une fenêtre dans un couloir trop noir, un sourire d’un enfant dans un monde de grands, une fleur apposée sur une terre minée. Il est juste la vie lorsque cesse les envies.
Alors je cesserai d’additionner les moins biens, les blessures, et autres maux, j’accepterai les bonheurs écoulés, je me remémorerais les sourires, les éclats, les juste pour toi, les tout contre moi. Je cesserai d’avoir peur d’avoir mal, je cesserai d’avoir mal d’avoir peur.
J’accepterai.
J’accepterai, et peut être, pour une fois encore je me relèverai.


Texte co-écrit avec Sonia et ses fragments d'incertitudes

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dimanche, 21 janvier 2007

Mauvais temps

Le début de la douleur c’est quand s’égrènent comme si de rien les quelques minutes de rage de vivre qui avaient été soigneusement conservées au cas ou.
Le début de la douleur c’est peut-être quand les autres commencent à la vivre avec toi. Ce sont ces perles de sueur qui s’invitent comme si ta peau brûlait de chaleur. Ces perles qui te pèsent si lourd alors qu’à l’intérieur de toi il fait extrêmement froid.
Le début de la douleur c’est quand elle a déjà commencé depuis longtemps mais que maintenant elle occupe toute ta vie. Toutes tes minutes. Tous tes gestes. Tes sourires mécaniques. Tes signes de la main douloureux. Des pas les uns difficilement après les autres.
C’est quand, quel que soit le temps qu’il fait dehors, au fond de toi il pleut. Il pleut de l’acide à en revendre. De la peur. De la trouille. Qui finit par se voir. Par s’entendre. Par se transmettre. C’est quand les autres ont peur pour toi, ont peur de toi, ont peur tout court. C’est quand les autres ont peur pour eux. Egoïstement.
C’est quand tu te retrouves seul face à elle ta douleur. Plein de monde autour de toi. Mais il n’y a qu’elle qui te parle. Qui te guide. Qui te conduit. Qui dirige tes faits. Qui orchestre tes gestes. La douleur. Chef d’orchestre d’un début de la fin. La musique est un requiem. Forcément. L’apaisement est difficile à trouver. Comme pour gravir une montagne sans en avoir la force. La force. Il y a longtemps qu’elle est partie d’ici. La force de frapper en plein cœur de la douleur. La force de reprendre le contrôle de son corps.
Le début de la douleur. C’est un avis de passage. C’est le début de la fin. La fin de la vie. La douleur, elle s’est installée en toi comme on enfile un vêtement. Ton corps entier est son terrain de jeu. Une invasion lente. Un travail de chaque seconde. Un temps d’occupation.
La fin. L’arrivée. La gloire de la douleur. C’est quand ton corps entier se bat pour esquisser une larme. Une caresse pour dire au revoir. C’est quand les yeux peuvent encore cligner doucement pour dire « je t’aime ». C’est quand le corps entier se crispe et se recroqueville entièrement pour se parer de chaque heurt qui passe. Jusqu’à la dernière. Si courte.
Je me souviens de tous ces mois que nous avons vécus avec elle et je me souviens aussi de cette derrière heure si courte. Je m’en souviens comme si c’était le même espace temps.

mardi, 16 janvier 2007

Alors ça va

Les jours me suivent et ne me ressemblent pas. Les jours me suivent, les jours se suivent. Et moi je suis. Je suis moi-même. Je suis un chemin de traverse. Je traverse la vie. Je descends du train-train quotidien à chaque arrêt.
Les jours me suivent et me prennent du temps. Les jours m’empêchent d’écrire. Les jours m’occupent mes nuits à dormir. Les jours m’empêchent d’écrire la nuit aussi.
Je ne m’ennuie pas.
Les jours me jouent des tours aussi. Car la roue tourne sans me laisser un peu m’asseoir à côté du siège du conducteur. La roue tourne mais la routine se détourne de mon chemin. Je suis d’avis que la vie comme ça c’est bien.
Je n’aime pas l’ennui, alors.
Alors, je n’ai plus le temps d’écrire à cause de tout ça.
Mais je peux encore chanter sous la douche. Alors.
Alors ça va.
Et vous ?

jeudi, 4 janvier 2007

Nos ailes en des cendres

Photo (c) Cergie - (cliquer pour agrandir)

Nous allons finir par nous brûler les ailes
A force de faire le grand écart
On peut faire mine de marcher sur des œufs et de mettre les points sur les i
L’écart se creuse et les feuilles tombent
Les corps se bronzent sur les plages
Et là derrière, la dernière page se tourne
Tout le monde tire sur la couverture
Et nous allons finir par nous brûler les ailes
Nous allons finir, tout court
Tu cours, tu cries, mais quand tu passes ta main tes doigts sont gris
De poussières acides et de rayons ultra-violents
Nous brûlons les branches sur lesquelles nous sommes assis
Nous scions les planches qui font les lits des torrents de boue
Dehors l’air est vicié par nos agissements vicieux
On dort, on dîne comme si de rien
Mais c’est immense
Cette immense faiblesse nous perdra
Avec ou sans lumière, avec ou sans froid
Nous perdons le contrôle de tout ça
Et « ça », c’est tout
C’est tout ce qu’il nous faut
Et c’est beaucoup
Beaucoup d’attention qu’il faudrait
Nos intentions sont décevantes
Alors que nous amorçons la descente
Oui, nous allons finir par nous brûler les ailes
Car nos envies sont plus grandes que nos devoirs
Les ronronnements de nos machines couvrent les bruits du désespoir
L’environnement est un concept plutôt qu’un fait
Il faut qu’on s’aide et qu’on concède
Que l’on éteigne nos feux de joies
Que l’on allume les feux de détresse
Nous sommes en panne à l’intérieur
Nés sous les signes extérieurs
La maison mère est enflammée
Car cette vie là avec piscine
Détruit à petit feu ce qu’il nous reste
De mauvais plis en mauvais plans
Nous allons finir par nous brûler les ailes
Et pour notre dernier cadeau de Noël
Juste des cendres
Mais il sera trop tard pour se demander qu’en faire

lundi, 1 janvier 2007

Des petites choses, en somme

Quand je t’embrasserai sous le gui, je fermerai les yeux pendant une fraction de seconde qui durera des heures. Des heures de rêves. De bonheur. De souhaits. De vœux.
Ca pourrait durer des heures, des jours, des mois et des années à faire la liste de tout ce que l’on souhaite pour l’année prochaine. La liste interminable de ce qui pourrait aller mieux. On peut toujours souhaiter. Toujours. On pourrait changer aussi. Un jour.
Ce malheur au pas de la porte. Ces tristesses. Ces manques. Cet égoïsme. Cette barbarie. Cette destruction à petit feu. Eteindre tous les feux de détresse. Ces libertés volées. Cette égalité incalculable. Cette fraternité à options. Cette misère. Ces creux dans les vagues.
Ralentir la fonte des glaces polaires. Arrêter même. Arrêter tout ce gâchis. Ce chaud, ce froid. Ces étés en hiver. Ces écrans de fumée. Ces arcs-en-ciel monochromes. Ces bruits pour rien. Ces riens à faire. Faire, justement. Agir. Décroiser les bras. Retrousser les manches. Agir. Dialoguer. Ecouter. Convaincre. Apprendre. Respecter. Rêver. Vivre.
Voilà ce que je veux.

Quand je t’embrasserai sous le gui, nous ferons nos premiers pas dans cette nouvelle année. Main dans la main. Sur ce chemin de vie. D’envie. D’envie de vivre. J’aurai ce frisson dans le dos. Ce « ni chaud ni froid » qui met mal à l’aise. Ce goût amer à l’intérieur de soi. Partout. Cette gêne. Cette honte de soi. Cette colère après cette question « puisqu’il faut agir, qu’ai-je fait durant toute cette année ? ». Pas grand-chose. Même pas petites. Les choses. Pas assez. Ou de trop. Trop de climatisation. Trop de diesel. Trop de déchets. Trop d’énergie. Trop de tout. Et pas assez de temps. Pas assez de temps passé. Passé à agir un peu pour changer des petites choses dont la somme voudrait dire quelque chose. Le temps, on se le donne. Ou pas.
Se donner, tous, le temps de changer quelques petites choses, pour qu’au bout du compte tout se remette à tourner rond.
Voilà ce que je veux.

Meilleurs vœux à toutes et à tous!