Echos liés
Vidée de tout. J’écris, et je sens le battement de mon cœur dans mon doigt, posé sur le crayon. Echos liés de mon cœur. Je repense à l’ardoise, où l’écriture blanche s’affichait sur le fond noir. Noter au dos les erreurs de tables de multiplications. Le cœur était autre. Peut-être innocent comme ce que l’on dit des enfants. Peut-être pas. Vidée de toute une année. L’appeler école, oui, comme une enfant. Le cartable sur le dos, avancer dans les couloirs. Les sacs à main de femme qui remplacent parfois le simple sac à dos. Se rendre compte que la fin est arrivée. Les trois années se sont écoulées. Si vite. Vouloir tout étaler sur un cahier, celui qu’on ouvre les jours tout gris. Un cahier de larmes ou de sourires. Un portrait de soi même, qui fait écho. Savoir que le temps de vivre n’est pas terminé, et qu’il est encore temps d’avancer. Vidée de tout, il est temps de respirer.
Oui, il est encore temps d’avancer. Encore temps. Toujours. Par tout temps. Tous les temps se conjuguent. Les jours depuis. Les jours de pluie. Et puis. Et puis tu sais, je crois que l’on est écolier de sa vie toute la vie. On est en apprentissage à vie. Apprenti sage. La vie s’apprend un jour après l’autre. Une page après l’autre. A l’école de la vie, à l’école de sa vie, on apprend de tout. On apprend des autres. Toujours. On apprend. On donne. On prend. On est écolier. On nait écolier. On le reste. Et on reste parfois tout petit devant des moments pour lesquels il n’existe pas vraiment de classe préparatoire. On reste tout petit toute sa vie face à beaucoup de choses. La cour des grands n’existe pas vraiment. On redouble d’effort. On révise nos avis. On vit. Mais on reste toujours petit. Très petit, face à tout ça.
La vie est comme une grande cour de récréation. Se faufiler entre les cailloux, se cacher sous les arbres, les jours de pluie. Un grand chemin toujours rythmé de tant de rencontres. Sourires souvent, larmes parfois. Grand et petit à la fois. On avance entre les flaques d’eau et les rayons de soleil. On avance, on se pose des questions. Pas toujours les mêmes. Mais. On avance, toujours, parce que c’est le mieux à faire. On avance, encore. Et, le mieux, c’est d’avancer accompagné.

