Pire tout pire
J’ai traversé des torrents debout
Et des vies sans visage
Je suis resté assis au bord d’un précipice
Mais je n’ai sauté que sur des occasions
Je suis resté acide comme l’enfant de l’amer
J’ai cru que le meilleur n’avait plus de maison
Alors qu’une main se tendait dans la mienne
J’ai transmis du pire, sans connaitre la raison
Je suis resté timide comme on reste sauvage
J’ai reblanchi des pages qu’il ne fallait pas écrire
Comme s’il fallait laisser juste un nom dans la marge
J’ai transformé en pire tous ces apprentis sages
J’ai transformé en peur ce qui s’appelle bonne heure
J’ai laissé passer les secondes et le reste des saisons
J’ai confondu la vie et les histoires d’âge
Je n’avais pas d’avis sur les mauvais passages
Alors j’ai transmis du pire
Des peurs et des mauvais sourires
Pire, tout pire
Comme si le meilleur était fait pour s’enfuir
A la vue du sang et des derniers soupirs
J’ai traversé des torrents et des forêts sans âme
Croisé les regards de quelques curieux sans nom
J’ai caché mes blessures comme une honte fragile
J’ai cru que l’oubli était un art facile
Et j’ai transmis du pire comme une peur de l’avenir
J’ai revu ma misère, une image, un soir, une heure, un son
J’ai rêve du meilleur alors qu’il faisait bon
Aimant comme je respire
J’ai confondu le froid et la peur des frissons
J’ai voulu enterrer quelques anciens souvenirs
Comme un combattant qui navigue sans mission
J’ai transmis du pire comme on fait les moissons
Dans tes yeux, tes sourires et tes pertes de raison
Pire, tout pire
On a beau serrer les mains et faire la chaîne humaine
Ce qu’il faudrait changer c’est la courroie de transmission
Alors j’ai couru dans les prés, les rues et les déserts
A la recherche du reste de moi que j’avais encore au fond
J’ai couru des mois entiers
J’ai cru à ce moi, ce je, ce jour
Ce jour où je pourrai souffler un air, une chanson
Un quoi que ce soit de sourire dégagé
Un tant soit peu de meilleur sans son pire
Meilleur, tout meilleur
Et plus jamais de pire
13 réactions:
Texte qui me clou! trois fois que je le lis, il m'en faudra encore plusieurs pour approfondir tout ce qu'il me renvoie. riche, dense, beau, et plein de putain de renvoies!!!
excellent!
Sonia > Je ne sais pas quoi dire sinon merci de voir tout ça dans ce texte.
J’aime bien le rythme de ce texte et le fait qu’il y ait des reprises ce dont tu es coutumier certes mais surtout depuis quelques temps en fin de ligne, des sons qui se ressemblent car dans l’ensemble je ne parlerai pas de rime : er(e), eure, é, ire, age, arge, on
C’est agréable de retrouver ainsi des sons des mots déjà entendus, cela repose, cela donne des repères, l’oreille s’habitue. Comme une musique lorsque les thèmes sont repris.
Le phrasé des lignes à proprement parler est très agréable. J’ai eu un peu de mal avec... Non, finalement cette phrase je ne la retrouve pas. Oui, je l’ai dite plusieurs fois et là je ne la retrouve pas. (Il ne faut pas oublier de faire les liaisons)
Ce rythme qui tourne, qui revient, cela va avec le sens de ce message, le passé qui empêche l’avenir
J’ai trouvé cette citation récemment qui me plait bien d’Alfred Jarry :
"L'oubli est la condition indispensable de la mémoire"
Oui, il faut faire de la place et évacuer ou bien ranger sa mémoire. L’oubli n’est pas l’oubli. L’oubli permet d’avancer en mettant de coté tout en se souvenant
J'aime énormément ce poème.
Oui Cergie même sans rimes parfaites je le vois comme un poème,
la diction rythmée par les lignes coupées,
les retours les redites
comme une peur d'avancer
mais le souffle et l'ampleur,
comme une grande brise
qui entraine l'auteur
vers un avenir meilleur.
J'ai envie de te dire
T'écris bien, tu sais?
Comme d'autres te diraient
T'as de beaux yeux tu sais?
parfois nos regards sont faussés..
parfois trop de douleur égare.
parfois nous ne voyons pas le bien, ou le meilleur,
peut être parce que dans le fond on se dit qu'on ne mérite pas tout ça...
Il prend o tripes ce texte!
Tu grimpes colline et tu coupes à travers champ. Je te vois plein de cette joie-là.
Je l'ai relu et dit à haute voix.
Ca coule bien, ça donnait envie.
Juste quelquefois le rythme accroche. C'est rare mais ça donnerait envie juste de le retravailler pour ça
pour que le pire
comme un pitre
s'envole à la fin
comme le cancre de Jacques
tu sais, celui du pré tout vert
nath; serait-il donc en train de mûrir..? tout simplement..
Y love you aggain!!
Bon, je ne vais pas dire que vous écrivez bien. Mais je vais dire que ce texte me parle car pour moi l'oubli n'est pas un art facile. Finalement à force de ne pas oublier, on remplit sa besace, on remplit son coeur de bons et de mauvais sentiments et alors que l'on devrait avancer et faire de la place pour des choses nouvelles, les choses du passé sont toujours là et nous empêchent de faire le vide, afin de faire le plein. Bon WE
Cergie > J'opte pour bien ranger. Je ne suis pas pour évacuer. Je n'ai envie de renvoyer mes vieux souvenirs douleureux en charter...
Je crois que tout fait partie de nous, de notre richesse, de notre expérience, de ce que l'on apprend.
Nathalie (1) > Tu me fais rougir...
Slégelle (1) > Oui peut être que dans le fond on se dit ça... C'est vrai
bang bang > J'ai toujours été *séduit* par le regard que tu portes :)
Nathalie (2) > Oui ce texte est *bancal*. Il n'a pas été retravaillé. Les mots comme ils sont venus. Sans *rendering*. Je voulais un texte qui ne triche pas
Slégelle (2) > Mûrir? Pardon?
Delphinium > Vous trouvez que j'écris mal? Je crois que l'on a besoin d'une besace qui contient un peu d'apprentissage du passé pour avancer vers le futur. Même si une partie peut s'avérer douloureuse.
et ce reste de moi, était tout simplement cette petite flamme qui vacille au gré des vents humains...
*relecture*
*sourire*
insaisissable, indomptable mais vivante...
Un reste?
Je suis entier.
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