La crise... ombilicale
Oh ! Il faudrait que je me remette à écrire. Parce que c’est comme ça : tu avances, tu te lèves le matin, tu enchaînes. Tu t’enchaînes à tout ça. Ces vrais problèmes. Ces faux soucis. Ces trucs qui ne t’appartiennent pas vraiment. Ces étiquettes qu’on te colle. Tu te lèves le matin englué à tout ce qui n’a pas fait partie de tes rêves - Loin de là. Tu te réveilles le matin, tu sais exactement où tu vas aller. Tu sais exactement ce que tu vas dire. Leur dire. C’est toujours la même chose au fond. Les mêmes étiquettes qui ne se décollent pas. C’est toujours la même chose au fond des gens. Toujours les moi, les moi je, les mon nom quelque part sur la page, moi-même, rien que moi. Ma tête en gros plan… C’est toujours autour de ça que ça tourne finalement. Tu te lèves le matin et tu sais que tu passeras ta journée à entendre des « moi je ». Tu aimerais autre chose. Peut-être savoir jouer de la guitare, t’asseoir quelque part et chanter. Juste vivre et rêver. Bannir les « moi je ».
C’est comme ça tu avances et tu oublies d’écrire. Tu es envahi de « moi je ». Tu les écoutes. Tu y mets de la force. Tu y mets du tien. Du « moi je » aussi finalement. Pourquoi pas. Autant faire pareil. Presque inconsciemment. Et ben moi je. Moi je veux rêver en groupe. Je veux construire avec les autres. A plusieurs. Et bien moi je n’aime pas me regarder le nombril. Je ne le trouve pas beau. Je ne me trouve pas dans ce monde de « moi je ». J’erre. J’écoute mais j’aimerais savoir chanter. J’aimerais qu’on change d’air. Toujours la même rengaine « moi je ». Toujours le même air froid. J’aimerais du chaud. Du simple. Du regard dans les yeux. J’aimerais me remettre à écrire pour dire tout ça mieux que maintenant.
Chacun y va du sien. « Moi je ». Chacun y va de sa petite crise. De son « craque ». Je craque. De son micro-problème. Mais on n’avance pas tout seul. Faudrait mieux savoir dire nous. Faudrait mieux. Faudrait du mieux quelque part. Ce n’est pas que c’est mal. Que tout est mal. Non. Ce n’est pas ça. C’est sans doute qu’il y a trop de nombrils qui se regardent en même temps. Ils commencent même avant que je me réveille le matin. Il y en a partout. Je dois en faire une sorte d’indigestion. Le nombril est au centre mais pas au centre du monde pourtant.
Il faudrait que je me remette à écrire. A écrire sur les vibrations de la musique qui trotte dans ma tête. Au rythme des nous. Au rythme des nous qui dansent et bougent ensemble dans la même direction. Vers du simple. Et tout ces « moi je » qui nous cassent les nous. Tous ces « moi je » qui me mettent sur les rotules. Ca me fatigue toutes ces crises individuelles. Tous ces cracks privés. Alors je me réveille le matin déjà fatigué de les entendre. Ils me chantent leur chanson à eux: « et moi je », « et moi si », « et moi ça ». Ca va mal ce monde. C’est la crise. La crise des « moi je » qui se parlent tous en même temps, ne s’écoutent plus vraiment et ne pensent qu’à leurs nombrils. A leurs intérêts particuliers. Des millions de nombrils. C’est la nouvelle monnaie. C’est monnaie courante. Moi, mon nombril et moi. Des millions de nombrils au centre de millions de micro-mondes. Je perds crédit. Je perds confiance en nous avec tout ça. On a beau vouloir rabaisser les taux, il est trop tard. C’est les « nous » qu’il faut relever. Comme un drapeau. Un drapeau construit ensemble. Un premier tissage. Un métissage. Quelque chose de construit ensemble. Il faut construire ensemble. Nous avons besoin les uns des autres pour construire ensemble. Exactement.
9 réactions:
Ah voilà, c'est exactement ça.
Et puis écrire oui, si (re)mettre.
Content de te (re)voir.
bon je deduis que tu vas recommencer a ecrire ce qui en somme est une tres bonne nouvelle mais "tu te" tracasses en vain car les "moi je" existent depuis longtemps deja... ils s'implantent dans chacun de nous, prennent racine et croissent a une vitesse prodigieuse
assez difficile de les combattre oui... faut voir avec le "il" pourvu qu'il accepte de repondre au "moi"
"mais on n'avance pas tout seul"
Cela devrait être si simple.
Qui est qui, qui veut et fait quoi ?
Un premier "Je" et puis des "Tu"
Des "Tu" au lieu de "Je"
Les "Moi Je" qui sont "Les Autres"
Ces toi qui es "Tu", et "Les Autres" qui sont "Moi Je".
Cela me fait penser au film "Les Autres" justement, que je n’ai pas vu, je n’aime pas me faire peur avec des histoires de fantômes. Mais on m’a raconté la fin.
En fait ce ne sont pas les autres qui sont en cause, mais toi ou nous...
Allez ! Le diesel semble avoir bien démarré, qu'il ne s'arrête plus en si bon chemin !
dans la même ronde, s'y perdre ou s'y retrouver, tout est question de tempo....
...et puis entre les tu, les moi, les nous, il y avait elle, elle qui composait les nous, qui rassemblait les bouts de moi, d'absence de moi, pour créer du je, du nous.
Elle qui les a pris ses ailes, loin de nous... Merci à elle de nous aider à nous battre pour ce nous.
Sonia
Bonjour. Alors moi je vais dire quelque chose qui va peut-être aller un peu contre votre texte. Je pense que parfois, certains individus ont besoin de passer par la case "moi je" et "crise individuelle" pour comprendre qui ils sont vraiment. Et ensuite, ils repartent, forts de cette expérience pour en parler à d'autres qui vivent aussi des crises individuelles et qui ont besoin d'être écoutés dans leur souffrance. "des nous" sont parfois faits de "moi je". Et c'est aussi une façon d'avancer ensemble et d'être plus forts sur le chemin. Bon WE
J'arrive très en retard, presque un mois après. Y aura-t-il un autre texte bientot? Je le souhaite !
Un peu d'accord avec Delphinium, pas complètement contre le moi je si on peut ensuite le dépasser quand on va mieux. Mais c'est vrai que le monde civilisé ( ? ) d'aujourd'hui est très centré sur le nombrilisme. Pas vrai du tout dans les pays moins favorisés que nous. Les difficultés soudent...
on ne peut faire abstraction du "moi", mais dépassons quand même le "moi, je", lui n'est pas utile. et puis... faisons qq pas du côté du collectif aussi!
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