Tête de maigre
J’ai une tête de maigre. Un cœur gros comme ça. J’ai une tête de maigre. Un cœur qui bat. vite. Au rythme des vies. Au rythme des autres. Je suis une tête de maigre. Un pas grand-chose à ajouter. Un parmi les autres. Mais un qui vous sent. Un qui vibre en entendant vos pas. Vos souffles. Vos cris. Vos riens. Je ne suis pas grand chose. La tête de maigre qui passe. La voix du nord qui sent le froid qui passe en vous. Le vent du sûr qui croit en tout. La tête de maigre. Le cœur gros comme ça. Le ventre plein de vie. Plein d’envies. La tête de maigre. Le quelconque. Le quidam que ni homme ni dame ne remarquera. Le passager inaperçu. La tête de maigre. Celui qui ferait mieux de se taire. Celui qui l’ouvre et qui s’en prend plein la tête. La tête de maigre. Et les tempes pleines de sang qui bat au rythme d’une danse de vie. D’une vie dense. Bien remplie. Pas maigre, la vie. Une tête de maigre qui avance au pas cadencé d’une vie qui se mord à pleines dents. Au pas qu’il faut suivre si on m’aime. Je suis une tête de maigre et j’en ai gros sur le cœur. Obèse de ne pas pouvoir toujours tendre ma main comme il faut. Dans le sens qui va. Il y a des sens qui m’échappent. Il y a des sens uniques. Et moi j’avance au rythme des autoroutes du monde entier. Et moi j’avance avec les autres en tête. En tête de maigre.
Je suis votre tête de maigre si vous le voulez. Celui a qui on jette des tomates en public. Celui que l’on aime et que l’on déteste en même temps. Celui qui sent le temps qu’il fait à l’intérieur de vous. Celui qui voit au dessus du parapluie que vous ne voulez pas replier. Je suis votre tête de maigre. Le truc qui énerve mais dont on ne se passe pas. Celui que l’on comprend mais que l’on n’entend pas.
J’ai une tête de maigre et un corps gros. Un cœur vaillant. Les cheveux qui poussent sur celle des autres. Je sème chez vous ce que j’aime et qui vous va. Mes cheveux sur votre tête. Le regard aigre. La tête de maigre. La tête de maigre on ne l’emmène pas sur des terrains du l’un contre l’autre. Je ne veux pas m’aigrir. Je veux construire. Qu’on me donne tord si on le souhaite. J’ai la raison pleine de projets qui se construisent ensemble. Je suis une tête de maigre qui a besoin des uns et des autres pour construire ensemble. Je suis une tête de maigre qui ne sait pas exister seule.
Je me suis fait une tête de maigre pour pouvoir prendre toute cette épaisseur là.
2 réactions:
Gregory, il me semble qu’ici "maigre" est le mot qui se substitue à des mots politiquement incorrects. J’en ai trouvé deux plus un.
D’abord, je suis bien embêtée, il y a une pâtisserie que j’aime bien qui s’appelle "merveilleux" à Cergy. A Epinal, je demande un "merveilleux" et pas de bol c’est une "truffe". Alors pour que la serveuse comprenne, la patronne dit : "vous savez bien, c’est une tête de maigre". Bon, la prochaine fois je prendrai un éclair chocolat ou café, je n’aurai pas de problème.
Le "maigre", c’est aussi quelqu’un qui est très fort, qui porte des frigos tout seul dans la rue, j’en ai vus. Seulement tout le monde le prend à parti, c’est une "tête de maigre", il est responsable de tout ce qui ne va pas. Si l’Europe ne va pas, c’est de sa faute.
Cependant, le "maigre" c’est aussi un mot politiquement incorrect. Tu sais, tu as écrit "obèse", tu n’as pas fait attention, il faudrait dire quelque chose comme "à la charge pondérale inadéquate", et c’est aussi le terme pour "maigre" qui veut pourtant dire totalement l’inverse.
C'est compliqué de jouer avec les mots, c'est pour ça que je veux pas faire poète, c'est aussi pour cela que tu me manques.
Pour ton regard vigilant, pour la stimulation que tu m'apportais lorsque tu était plus présent même imparfaitement.
Figure toi que ces derniers jours justement, j'ai retrouvé avec un regard attendri mon message sur la maison sinistrée. J'ai plus écrit de message de ce type depuis bien longtemps, je suis l'ombre de moi-même, dis donc. Et c'est pour cela que tu me manques, cela me manque de ne plus monter sur mon petit nuage pour te commenter, cela me manque de ne plus parfois endosser des frusques de barde qui traine...
Allez !
Salut et liberté, Gregory !
Au plaisir de tes mots.
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