Je t'ai l'encre!


dimanche, 24 février 2008

Pire tout pire

J’ai traversé des torrents debout
Et des vies sans visage
Je suis resté assis au bord d’un précipice
Mais je n’ai sauté que sur des occasions
Je suis resté acide comme l’enfant de l’amer
J’ai cru que le meilleur n’avait plus de maison
Alors qu’une main se tendait dans la mienne
J’ai transmis du pire, sans connaitre la raison
Je suis resté timide comme on reste sauvage
J’ai reblanchi des pages qu’il ne fallait pas écrire
Comme s’il fallait laisser juste un nom dans la marge
J’ai transformé en pire tous ces apprentis sages
J’ai transformé en peur ce qui s’appelle bonne heure
J’ai laissé passer les secondes et le reste des saisons
J’ai confondu la vie et les histoires d’âge
Je n’avais pas d’avis sur les mauvais passages
Alors j’ai transmis du pire
Des peurs et des mauvais sourires
Pire, tout pire
Comme si le meilleur était fait pour s’enfuir
A la vue du sang et des derniers soupirs

J’ai traversé des torrents et des forêts sans âme
Croisé les regards de quelques curieux sans nom
J’ai caché mes blessures comme une honte fragile
J’ai cru que l’oubli était un art facile
Et j’ai transmis du pire comme une peur de l’avenir
J’ai revu ma misère, une image, un soir, une heure, un son
J’ai rêve du meilleur alors qu’il faisait bon
Aimant comme je respire
J’ai confondu le froid et la peur des frissons
J’ai voulu enterrer quelques anciens souvenirs
Comme un combattant qui navigue sans mission
J’ai transmis du pire comme on fait les moissons
Dans tes yeux, tes sourires et tes pertes de raison
Pire, tout pire
On a beau serrer les mains et faire la chaîne humaine
Ce qu’il faudrait changer c’est la courroie de transmission

Alors j’ai couru dans les prés, les rues et les déserts
A la recherche du reste de moi que j’avais encore au fond
J’ai couru des mois entiers
J’ai cru à ce moi, ce je, ce jour
Ce jour où je pourrai souffler un air, une chanson
Un quoi que ce soit de sourire dégagé
Un tant soit peu de meilleur sans son pire
Meilleur, tout meilleur
Et plus jamais de pire

jeudi, 21 février 2008

Un petit geste

Ecoogle est la version écologique du moteur de recherche. Pourquoi? Parce qu'en choisissant une dominante noire vous consommez moins d'éléctricité ( la page consomme 52 watts contre 77 watts pour la page google traditionnelle sur fond blanc) et vous faites ainsi un petit geste pour l'environnement...

Alors, histoire de ne pas l'oublier, mettons directement ecoogle en page d'accueil de nos navigateurs

http://ecoogle.net

Ne reste plus qu'à passer ce blog sur fond noir...

dimanche, 3 février 2008

Déclaration de la peau

Les tours Petronas (clique sur la photo pour agrandir)

J’ai couru sous les pluies torrentielles de janvier. Sous la chaleur et sous l’eau. Sous la pluie chaude comme jamais. J’ai couru à en perdre la liste des courses à faire. Je voulais faire la course contre le temps. Pour qu’il passe plus vite. Pour que je puisse effleurer ta peau plus tôt. Plus tôt que prévu. Plutôt que cette pluie torride que ma peau aimait mais refusait en même temps. Tant il était temps. Temps de te retrouver. Toi et ta peau. Sucrée comme un sirop de canne à sucre englouti sous l’orage. A moins que ce soit la pluie venue se mêler au sirop. La pluie sucrée comme ta peau. J’ai fini par croire ou rêver que cette pluie torride ressemblait à ta peau. J’ai fini par me sentir bien avec cette pluie « ta peau ». J’ai fini par en oublier la fièvre et ne plus avoir froid mais chaud. Mon corps a fini par se réchauffer. Il faisait 35 degrés et moi j’avais eu froid tout le temps. Tout le temps passé à me sentir loin de toi. Et puis sous la pluie torride, ma peau a brisé cette glace, cette distance et cette absence de rêve. Je t’ai sentie près de moi. Plus la pluie me lavait de cette distance difficile plus je plongeais dans le souvenir de ta peau, de tes perles de vie, de ton sel, de ta fleur et de tout ce qui m’effleure quand nous sommes l’un à l’autre. Plus je plongeais dans ce rêve et plus je courrais sous la pluie. Je courrais dans les rues de Kuala Lumpur, je courrais dans les wagons du monorail, je courrais. Et plus j’avançais plus nos odeurs et nos images étaient présentes en moi. Plus je courrais, plus j’avançais vers toi si loin et plus la pluie me réchauffait. Plus la pluie se transformait d’acide en sucre. Plus la chaleur qui remontait de la terre me donnait de la force pour courir, encore plus loin encore plus haut, encore plus vite.
Et puis… Et puis le temps, la fièvre et la pluie m’ont joué des tours. Je courrais, je rêvais vers toi sous des tours vertigineuses. Le vertige s’est invité dans mon rêve, dans ma course. Le sommet des tours me paraissait être des planètes plus lointaines que la lune. Peut être avais-je perdu la notion de distance. Je me sentais loin et proche de toi en même temps. Et le temps me paraissait long et court à la fois.
La chaleur de ta peau me manquait comme un antidote. J’étais malade. J’étais fiévreux. J’étais malade de distance. J’avais le vertige. Le vertige de toi. De ta peau.
J’avais chaud, j’avais froid, j’avais toi dans la peau. Comme toujours. Pour toujours.
J’ai repris un sirop à la canne à sucre glacé. Je me suis allongé sur l’herbe brûlante sous les tours et j’ai laissé passer le temps et les rêves jusqu’au retour.