Pire tout pire
J’ai traversé des torrents debout
Et des vies sans visage
Je suis resté assis au bord d’un précipice
Mais je n’ai sauté que sur des occasions
Je suis resté acide comme l’enfant de l’amer
J’ai cru que le meilleur n’avait plus de maison
Alors qu’une main se tendait dans la mienne
J’ai transmis du pire, sans connaitre la raison
Je suis resté timide comme on reste sauvage
J’ai reblanchi des pages qu’il ne fallait pas écrire
Comme s’il fallait laisser juste un nom dans la marge
J’ai transformé en pire tous ces apprentis sages
J’ai transformé en peur ce qui s’appelle bonne heure
J’ai laissé passer les secondes et le reste des saisons
J’ai confondu la vie et les histoires d’âge
Je n’avais pas d’avis sur les mauvais passages
Alors j’ai transmis du pire
Des peurs et des mauvais sourires
Pire, tout pire
Comme si le meilleur était fait pour s’enfuir
A la vue du sang et des derniers soupirs
J’ai traversé des torrents et des forêts sans âme
Croisé les regards de quelques curieux sans nom
J’ai caché mes blessures comme une honte fragile
J’ai cru que l’oubli était un art facile
Et j’ai transmis du pire comme une peur de l’avenir
J’ai revu ma misère, une image, un soir, une heure, un son
J’ai rêve du meilleur alors qu’il faisait bon
Aimant comme je respire
J’ai confondu le froid et la peur des frissons
J’ai voulu enterrer quelques anciens souvenirs
Comme un combattant qui navigue sans mission
J’ai transmis du pire comme on fait les moissons
Dans tes yeux, tes sourires et tes pertes de raison
Pire, tout pire
On a beau serrer les mains et faire la chaîne humaine
Ce qu’il faudrait changer c’est la courroie de transmission
Alors j’ai couru dans les prés, les rues et les déserts
A la recherche du reste de moi que j’avais encore au fond
J’ai couru des mois entiers
J’ai cru à ce moi, ce je, ce jour
Ce jour où je pourrai souffler un air, une chanson
Un quoi que ce soit de sourire dégagé
Un tant soit peu de meilleur sans son pire
Meilleur, tout meilleur
Et plus jamais de pire
