Je t'ai l'encre!


dimanche, 24 mai 2009

Spleen Doctor

C’est sans doute à cause de tous ces mélanges. Du fort et du doux. De la ville à la campagne. Des couleurs et des odeurs. Des couleuvres à avaler et des espoirs à garder. C’est à cause de tout ça. C’est ta cause, tout ça. C’est ça, cause… C’est sans doute, paraît-il. Paraît t-il qu’il ne faut pas douter. Que le dégoût et les couleuvres ça fait partie de la vie. J’ai pas d’avis sur la question. J’ai plein de questions. J’ai pas d’envie. Pas envie d’y répondre. Juste avaler. Avaler les coups. L’œuvre du bien et du mal. Des hauts et des bas. Il y a débat. Des bas sur la vie. Sur toutes ces questions.

C’est à cause de tous ces mélanges. C’est ta cause tous ces mélanges. Tout se mélange. Tout. Ces vies bien remplies. Jusqu’au débordement.  Jusqu’à ce qu’on s’en serve encore un petit fond. Un fond de tristesse.  Un quelque chose qui reste au fond. Au fond des jours qui passent. Des jours sévères. Qui se vident et se remplissent comme le jour et la nuit. Peut-être qu’il faudrait les retourner ces verres. Pour voir la vie d’un autre côté.

C’est sans doute. Il ne faut pas douter, dit-on. Moi je veux bien. Je veux bien vivre, sans doute. Je veux bien digérer ce qui ne se digère pas. Gérer l’ingérable. Vivre des jours avec et des jours sans. Sans doute.  Mais les jours sans, c’est pas si simple. Rien n’est si simple de toute façon. On ne se lève pas comme ça le matin comme si la page était belle mais blanche et que chaque jour qui passe est une nouvelle vie à construire. On ne se lève pas comme ça. On ne s’élève pas comme ça. C’est le soleil qui se lève et le reste qui suit. Il faut suivre. On ne se relève pas comme ça. Il faut suivre son histoire. Apprendre des ses réussites et de ses échecs. Il faut accepter les jours sans. Les moments plus difficiles que les autres. Il faut accepter de passer des jours entiers avec une boule dans la gorge et de l’acidité au fond du ventre. Comme un retour de flamme. A cause de tous ces mélanges. La vie c’est un mélange de bon et de mauvais. De joie et de tristesse. De doux et d’acide. C’est comme ça. Il faut l’accepter. Sans doute.

Mais accepter tout ça c’est aussi un peu comme une souffrance. C’est vivre l’imparfait au présent. Se dire qu’on est en plein jour sans. C’est sombrer un peu. Sombrer et se relever. Il faut être habile. Habile dans le noir. Dans le sombre. Ne pas sombrer. Accepter. Se dire que parfois les choses tombent à l’eau. A l’eau de vie. Que la leçon de tout ça c’est un tremplin, une enjambée, un plongeon dans la vie. Mais ce n’est pas facile, hein ? Ce n’est pas tout ça, non. C’est plus profond aussi. On mélange l’eau des pleurs à l’eau de vie. Tous ces mélanges. Encore. En corps. On les a en tête. Ça ne s’ôte pas comme ça. On ne saute pas comme ça dans l’allégresse. Il paraît qu’on passe tous par là. Qu’on s’en éloigne et qu’on y revient. Que c’est le va et vient de la vie. Qu’on se le cache même parfois. Qu’on est tous des mélancoliques anonymes. Habiles dans le noir.

4 réactions:

KMS a dit…

Deux notes en 3 jours on frôle la surproduction.
C'est bien.

anakin a dit…

J'aime bien le nom de la rubrique. La vie de passage. Je devrais en faire une comme ça. Sauf qu'elle s'appellerait la vie du trop sage.
Quoiqu'il en soit, j'ai bien aimé lire ce chouette texte entre deux pages blanches.

khanouff a dit…

"...on est tous des mélancoliques anonymes. Habiles dans le noir."
Ton écris est mien, tes idées noires sont miennes, parfois, souvent, selon.

Cergie a dit…

Quelle différence entre ton blog et le mien ? Ce que j’exprime par mes photos et toi par tes textes ? Ce sont des messages à interprétation. Interprétation ou état des lieux de la vie de l’auteur par lui-même, ce qui nourrit ses messages (la nourriture –avaler, amer, dégoût ; verre, digérer, eau de vie, acidité, doux- tout vient de et tout va à la nourriture). Les groseilles reviennent tous les ans mais différentes. Leur acidité va bien avec le sucre. La lumière a besoin de l’ombre et du noir pour exulter. Le bonheur a besoin du malheur. Les jours trop pleins des jours trop vides. Le passé éclaire le présent mais ne le remplace pas. La vie comme la nature avance. Mais il est bon de temps en temps de s’arrêter de se poser, de regarder ce qui est là, ce que lorsqu’on est trop pris on ne voit pas. Et d’essayer de comprendre, de faire le point pour envisager demain...

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