Je t'ai l'encre!


mardi, 16 juin 2009

Carte postale du couloir

J’ai repeint le couloir. Couleur blanche. Forcément. J’ai repeint par-dessus des traces de vie. J’ai repeint pour cacher la vie. Pas la misère. La vie. Un peu comme si il fallait faire place nette. Comme si nous allions partir d’ici. Maintenant tout de suite.

Partir où ?

Plus haut et plus loin bien sûr. La question ne se pose pas.

Et si on se la posait cette question justement. Avant de partir, bien avant - quand ce n’est encore qu’un songe parmi d’autres, des tas d’autres.

Est-ce qu’on ne s’en poserait pas trop des questions, d’ailleurs ?

Et si on s’écoutait plutôt que de se questionner ? Est-ce qu’on s’entend vraiment ? Est-ce qu’on prend vraiment le temps pour saisir ce qu’on veut vraiment se dire ? Ce qu’on se cache. Ce qu’on enfouit au fond du sac. Du sac qu’on trimbale tout au long de sa vie. Et si on prenait le temps de le refaire ce sac. Le temps ça se prend comme la vie, à pleine main. Refaire le sac from scratch. Comme on écrit sur une page blanche. La page est blanche mais les pensées pleines. Le sac est vide mais il y a tout ce qu’on avait amassé dedans à trier. Et on a plein de choses à se dire en le faisant. Pour toutes les fois ou on ne s’est pas vraiment écouté. Le sac sera trop petit même pour emmener tout ça. Il va falloir apprendre à se connaitre. A voyager léger mais lourd de souvenirs. A savoir faire ses bagages. Surtout faire ses bagages quand on ne part pas. Quand on va juste au bout du couloir pour le repeindre. Comme une page blanche. Un sac. Vide mais plein.

Est-ce qu’il faut vraiment partir plus haut et plus loin ? Est-ce qu’il faut vraiment naviguer sur les autoroutes avec tout ce monde. Tous ces lieux communs. Ces copies conformes. Est-ce qu’il faut vraiment prendre des chemins qui existent. Est-ce qu’il faut vraiment entrer dans des cases ? Faire partie d’une catégorie ? Avoir toujours à remplir un rôle précis et un seul ?

Je ne rentre pas dans une case. Mon sac est trop gros pour rentrer. Je l’ai vidé pourtant. Allégé. Je me sens léger. Léger et libre. Mon sac est allégé mais gros. Comme mon cœur. Comme mes envies. Alors je ne rentre pas dans les cases. Je pourrais choisir la catégorie « autre » mais je n’ai pas envie de préciser. J’ai juste envie d’être moi-même. On se pose des tas de questions pour essayer de se faire rentrer dans des cases. On s’appelle par des numéros, par des abréviations même.

J’ai repeint le couloir en blanc. Tout blanc. Vierge. Il n’y a pas de case. On fait ce qu’on veut dans le couloir. On peint. On fait la cuisine après. On est cuisinier-peintre. C’est une nouvelle catégorie. Ne la créez pas, c’est la mienne. Celle du jour. Elle disparaîtra demain. Demain, je serai cycliste-nageur. Ou peut-être écrivain-chauffeur.

Quelles que soient les cases, quelles que soient les catégories, je resterai le même de toute façon. Celui qui va au comité de direction en jeans et en basket. Celui qui cherche des solutions aux problèmes plutôt que des coupables. Celui qui te dit ce qu’il pense et te regarde dans les yeux quand il te parle. Celui qui aime la transparence. Celui qui aime mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Je resterai moi-même et mon cœur penchera toujours vers ce que j’aime faire. Ça prendra le temps que ça prendra. Qu’importera le chemin. J’essaierai toujours de me rapprocher le plus possible de ce que j’aime faire. A partir de maintenant j’avancerai plus prêt. Plus forcément plus haut et plus loin. Plus nécessairement même. Mais plus prêt, oui.

J’ai couru, j’ai fait du vélo, j’ai nagé, j’ai fait la cuisine, j’ai lu, j’ai écrit et j’ai repeint le couloir.

J’ai rempli la page blanche. Oui je l’ai remplie parce que maintenant je sais ce que j’aime. Ce que j’aime en jeans et en basket. En cravate. En vélo. En courant. En nageant. En peignant.

J’aime les gens. J’aime construire avec eux. J’aime partager avec eux mes envies d’innover et de créer. J’aime créer. J’aime construire. J’aime partager mes idées. J’aime apprendre des autres. J’aime partager mon énergie et ma passion. J’aime voir les autres s’épanouir dans un projet que l’on réalise ensemble. J’aime être fier de nos résultats. J’aime les résultats concrets et visibles. J’aime emmener les autres avec moi sur le chemin de la construction de quelque chose. J’aime avoir des compagnons de route. J’ai cette petite phrase inscrite au fond de moi, dans mon ADN, qui dit que nous avons besoin les uns des autres pour construire ensemble. J’aime entreprendre. Et j’ai envie d’entreprendre.

J’ai des envies. J’ai des idées. Il va falloir gratter sous la peinture du couloir pour les faire sortir.

12 réactions:

Cali Rise a dit…

Il est joli ton couloir. Elles sont jolies tes idées. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es un homme beau. Bel homme, il faudrait que je te voie mais là, même déjà d'avant, je sais, j'ai toujours su, que tu es un homme beau.

KMS a dit…

Ca serait bête de déjà gratter cette belle peinture que tu viens de faire.
Pour le reste je vois bien ce que tu veux dire...

Gregory Sey a dit…

Cali > Ca me fait penser à cette citation de Proust: "La vraie beauté est si particulière, si nouvelle, qu'on ne la reconnaît pas pour la beauté."

KMS > J'ai acheté un pot de 10 litres parce que je crois que je vais essayer de gratter...

Claire a dit…

J'aimerais avoir de belles certitudes comme les tiennes ... me sentir légère et libre mais j'ai encore un peu de boulot pour y arriver !!
J'aime bien ta vision des choses et ce soir je serais déménageur-couturière et demain ... on verra ça plus tard !!
Bonne soirée

Tippie a dit…

Et pourquoi que mon commentaire d'hier il est pas là? :(

Gregory Sey a dit…

Claire > Et bien pour m'alléger je m'imagine que la vie est un voyage et je me demande si j'ai vraiment besoin de tout ce que j'emporte avec moi dans mon sac à dos pour ce voyage et j'enlève ce qui ne m'apparait plus nécessaire...

Tippie > J'ai pense qu'il n'a pas été pris en compte. Je ne les pas dans mes mails non plus. Tu le refais?

Ehiie a dit…

Gratte,gratte ;-)

Tippie a dit…

Je sais pas faire le meme commentaire deux fois. J'ecris un commentaire sur le moment, avec mes émotions et mon humeur du moment. C'est pas facile à reproduire :)
Je ne sais plus trop ce que je disais... Si, que c'est dommage de gratter une peinture fraichement posée... et que, donc, si vraiment t'as envie de te défouler et poncer, tu peux venir faire mon garage plutot que de gratter la nouvelle peinture du couloir :)

Ah oui, et puis je disais que j'aime beaucoup cette phrase:
"Comme on écrit sur une page blanche. La page est blanche mais les pensées pleines. Le sac est vide mais il y a tout ce qu’on avait amassé dedans à trier."

Bises.

Cergie a dit…

Le couloir... C'est un espace où on ne s'attarde pas, qui n'a pas de fonction propre autre que de servir de transition, de distribution ; ce peut être utile d'avoir un espace de distribution et de transition parfois dans la vie. On peut aller de ci de là et revenir. Le couloir n'est pas forcément en relation avec l'extérieur comme l'entrée. L'entrée est entre le dehors et le dedans, forcément le couloir toute fois mène à l'entrée....
Il est des fois on se demande où mènent les couloirs et les entrées et on s'interroge. Ces deux espaces en réalité sont des espaces d'introspection et de réflexion.

Gregory Sey a dit…

Oui c'est ça un lieu de transition.
L'entrée fait aussi office de sortie, c'est marrant...

Gregory Sey a dit…

Tippie > Je te la donne la phrase :)

Thérèse a dit…

C'est comme la bouteille que l'on voit à moitié vide ou à moitié pleine.
J'aime beaucoup cette note de Vie.
A chaque instant on démarre... ensemble.

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