Carte postale du désert
C’est un peu comme une traversée d’un désert. Même si il pleut des cordes. Enfin j’imagine. J’imagine parce que je n’ai jamais traversé de désert. J’imagine que c’est un peu comme ça. Tous les chemins que tu peux emprunter se ressemblent et sont si différents en même temps. Tu finis par ne plus trop avoir confiance en ta boussole. Tu finis par ne plus trop te fier à ce que tu vois et ce que tu entends. Tu te demandes si ce sont des mirages. Si tu rêves ou si tu sais. Si tu crois ou si tu veux. Tu as soif, tu as chaud, tu as froid, tu as faim. Tu dois avancer. Marche ou crève. Tu dois. Tu te demandes justement quels sont tes devoirs. D’où vient cette notion au fond. C’est un peu comme une traversée du désert. Pleine d’imprévus. Tu t’accroches à tes repères et te laisses guider en même temps. Tu t’arrêtes à des endroits auxquels tu n’aurais jamais pensé t’arrêter. Tu fais des rencontres que tu n’aurais pas imaginées. Tu suis des chemins que tu pensais être des voies secondaires et qui deviennent des vraies découvertes. Tu ranges ta boussole dans ta poche, tu fermes les yeux et tu écoutes tes émotions. Puis tu reprends la marche. Tu redeviens toi-même dans le désert. Tu remets tes pendules à l’heure. Des choses qui n’avaient plus trop d’importance en reprennent beaucoup. Tu ne forces plus ton style. Tu es toi. Tu marches à ton rythme. Le temps prend une autre dimension. Tu as du temps à des moments et à des endroits où tu n’en avais pas. Tu souris à ce qui te fait sourire. Tu t’attardes sur ce qui t’attire. Tes jours et tes nuits deviennent différents ou alors redeviennent comme avant. Tu ne sais pas trop si c’est comme avant. Tu l’imagines parce que tes souvenirs sont lointains, embrumés, embués, brouillés. Comme si c’était il y a très longtemps. Tu tisses des liens entre beaucoup de choses et d’évènements que tu croyais sans relation, sans dénominateur commun. Alors que si. Tu relies des tas de choses entre elles et tu relis des passages de ta vie comme une histoire différente ou complétée. Un peu comme quand on regarde un film plusieurs fois et que l’on découvre des choses que l’on n’avait pas vues, entendues, ressenties la première fois. Tes priorités changent. Ta manière de faire, d’avancer, de marcher dans le désert change. Tu t’enfonces dans le désert et tu te sens fort. Tu te sens toi-même. Tu es authentique. Tu ne triches pas. C’est sans doute comme une traversée d’un désert.
Je n’avais jamais vraiment prêté attention aux machines qui distribuent des jeux de grattage. Je crois que je n’ai jamais vraiment eu un intérêt ni un goût particulier pour les jeux de loterie et que je n’en aurais jamais vraiment. Je suis plutôt l’inverse du genre de celui qui joue sa grille de loto toutes les semaines. Je n’ai jamais vu de près une grille du loto. Avant, quand j’avais du temps avant que le train n'arrive, je me barricadais dans mes trucs. Je ne regardais pas vraiment autour de moi. Je lisais mes e-mails. Continuais d’écrire un document. Ou alors je m’asseyais sur un banc et m’enfermais sur moi-même. Je refaisais des trucs dans ma tête. Des trucs sans vraiment trop d’importance. Des questions qui n’avaient pas vraiment lieu de se poser pour vivre et pour avancer. Je ne prêtais pas vraiment attention à ce qu’il y avait autour de moi. Je crois que je n’ai plus trop envie de faire ça. Depuis peu j’ai cassé les habitudes. J’utilise le temps différemment. Il a pris une importance différente pour moi en ce moment. En fonction du rythme que je dois m’imposer. En fonction de la partie que je traverse. Je lui économise toutes ces questions sans grand intérêt. Ces choses qu’on refait dans sa tête mais qui n’apporte pas grand-chose. J’avais du temps cette fois ci. Du temps pour observer la vie autour de moi. Je crois que c’est en observant la vie autour de soi que l’on se crée un moment pour essayer de répondre aux vraies questions qui nous tourmentent. On se projette dans la vie qu’on observe. On y met nos questions en perspective. L’autre jour j’ai passé 2 heures sur un banc d’une rue passante de Zürich. J’ai laissé courir mon imagination, ma créativité au fil de ce que j’observais, au fil des vies auxquelles je m’amarrais. Je me projetais dans des situations. Comme une sorte d’ « empathie de situation ». J’y retrouvais mes questions. Les vraies, les utiles. Je devenais de plus en plus créatif. J’étais loin de mes séances tête baissée dans mes trucs de tous les jours. Je ne refaisais pas des trucs dans ma tête, je faisais. Je suis revenu avec plein d’idées en tête. Je suis revenu avec le sourire aux lèvres. J’avais pris du recul en me projetant.
En attendant le train, j’ai observé. Je crois que c’est la première fois que je me suis aperçu qu’il existe des distributeurs de jeux à gratter. Ca a du succès. Je n’aime pas ça les jeux de loterie. J’observais ces gens avec leur journal sous le bras. Je ne sais pas pourquoi mais on dirait que beaucoup d’entre eux achètent le journal pour se donner une importance, un statut. Il est impeccablement plié sous leur bras. On dirait qu’ils ne le lisent pas, ne le déplient pas de la journée. Qu’il leur sert seulement d’accessoire. Certains s’arrêtent pour mettre quelques pièces dans le distributeur de jeux à gratter. A bien y regarder, on peut même y mettre des billets. C’est plutôt bien fait. Bien présenté. Facile d’utilisation. Une ergonomie intéressante. Une interface simple. Tout type de personnes s’y croise autour de cette machine. Ca me donne des idées ces histoires d’interface simple dans laquelle tout le monde se retrouve. Ca touche à certaines des questions que j’ai en tête justement. Ca n’a rien à voir à première vue pourtant. Seulement à première vue parce que ça me donne plein d’idées. C’est très enrichissant, c’est très créatif d’assembler des situations qui ne se ressemblent pas. Qui ne se ressemble pas s’assemble. Finalement, j’ai mis 2 Francs Suisses dans la machine. J’ai gagné 50 Francs.
Je ne sais pas si c’est un signe mais en tout cas je crois que je vais continuer à avancer dans le désert en laissant ma boussole dans ma poche. Je crois que ma boussole c’est le temps que je me donne.
Je n’avais jamais vraiment prêté attention aux machines qui distribuent des jeux de grattage. Je crois que je n’ai jamais vraiment eu un intérêt ni un goût particulier pour les jeux de loterie et que je n’en aurais jamais vraiment. Je suis plutôt l’inverse du genre de celui qui joue sa grille de loto toutes les semaines. Je n’ai jamais vu de près une grille du loto. Avant, quand j’avais du temps avant que le train n'arrive, je me barricadais dans mes trucs. Je ne regardais pas vraiment autour de moi. Je lisais mes e-mails. Continuais d’écrire un document. Ou alors je m’asseyais sur un banc et m’enfermais sur moi-même. Je refaisais des trucs dans ma tête. Des trucs sans vraiment trop d’importance. Des questions qui n’avaient pas vraiment lieu de se poser pour vivre et pour avancer. Je ne prêtais pas vraiment attention à ce qu’il y avait autour de moi. Je crois que je n’ai plus trop envie de faire ça. Depuis peu j’ai cassé les habitudes. J’utilise le temps différemment. Il a pris une importance différente pour moi en ce moment. En fonction du rythme que je dois m’imposer. En fonction de la partie que je traverse. Je lui économise toutes ces questions sans grand intérêt. Ces choses qu’on refait dans sa tête mais qui n’apporte pas grand-chose. J’avais du temps cette fois ci. Du temps pour observer la vie autour de moi. Je crois que c’est en observant la vie autour de soi que l’on se crée un moment pour essayer de répondre aux vraies questions qui nous tourmentent. On se projette dans la vie qu’on observe. On y met nos questions en perspective. L’autre jour j’ai passé 2 heures sur un banc d’une rue passante de Zürich. J’ai laissé courir mon imagination, ma créativité au fil de ce que j’observais, au fil des vies auxquelles je m’amarrais. Je me projetais dans des situations. Comme une sorte d’ « empathie de situation ». J’y retrouvais mes questions. Les vraies, les utiles. Je devenais de plus en plus créatif. J’étais loin de mes séances tête baissée dans mes trucs de tous les jours. Je ne refaisais pas des trucs dans ma tête, je faisais. Je suis revenu avec plein d’idées en tête. Je suis revenu avec le sourire aux lèvres. J’avais pris du recul en me projetant.
En attendant le train, j’ai observé. Je crois que c’est la première fois que je me suis aperçu qu’il existe des distributeurs de jeux à gratter. Ca a du succès. Je n’aime pas ça les jeux de loterie. J’observais ces gens avec leur journal sous le bras. Je ne sais pas pourquoi mais on dirait que beaucoup d’entre eux achètent le journal pour se donner une importance, un statut. Il est impeccablement plié sous leur bras. On dirait qu’ils ne le lisent pas, ne le déplient pas de la journée. Qu’il leur sert seulement d’accessoire. Certains s’arrêtent pour mettre quelques pièces dans le distributeur de jeux à gratter. A bien y regarder, on peut même y mettre des billets. C’est plutôt bien fait. Bien présenté. Facile d’utilisation. Une ergonomie intéressante. Une interface simple. Tout type de personnes s’y croise autour de cette machine. Ca me donne des idées ces histoires d’interface simple dans laquelle tout le monde se retrouve. Ca touche à certaines des questions que j’ai en tête justement. Ca n’a rien à voir à première vue pourtant. Seulement à première vue parce que ça me donne plein d’idées. C’est très enrichissant, c’est très créatif d’assembler des situations qui ne se ressemblent pas. Qui ne se ressemble pas s’assemble. Finalement, j’ai mis 2 Francs Suisses dans la machine. J’ai gagné 50 Francs.
Je ne sais pas si c’est un signe mais en tout cas je crois que je vais continuer à avancer dans le désert en laissant ma boussole dans ma poche. Je crois que ma boussole c’est le temps que je me donne.
4 réactions:
Que dire de plus ? ... Sinon, qu'il est grand temps, pour moi aussi, de me prendre un peu de temps pour aller m'asseoir quelque part, d'arreter de penser toujours à la même chose,parce que ca n'avance pas les choses, et de me laisser emporter .... et aussi sans boussole ....
Il n'y a que ceux qui ne prennent pas le temps et qui sont pressés qui ont besoin d'une boussole dans le désert (cette sorte de no man's land entre départ et arrivée) afin d'aller vite et droit au but, à "destination" ; pourtant, le désert, il est plein de choses et d'êtres dignes d'attention
C'est très joli...ment dit et bien dit, et bien.
(As-tu croisé un petit prince, pendant ta traverse?)
Voilà, c'est ça, Ehiie, faire avancer les choses tout en faisant attention aux choses dignes d'en avoir de l'attention, Cergie, alors qu'on ne les voyait même pas avant.
Le désert, ça inspire, Tippie. Je n'ai pas encore eu la chance de croiser un petit prince.
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