Off-on
Parfois on oublie ce qu’il y a au fond. Au fond de nous. Ce qui nous fait. Nous a fait. Ce qui est nous. Parfois on noue. On ajoute des choses qui compliquent ce que l’on veut dire. Parfois on noie ses sentiments dans un océan de choses et d’autres. Par pudeur peut-être. Mais on peut être mal compris. Il faut aller au fond de soi. Se délivrer. Comme une descente immense. Au fond des sentiments. Profonds. On peut se faire mal. Mal comprendre. Pour pas grand-chose. Des centimes de sentiments mal révélés. Ca peut faire des dégâts. Des dégâts des autres. Des autres usés. Usés de se perdre dans ce toi qui noue des bouts de défi. Des bouts de sentiments que finalement on allongerait d’un coup sur la table comme au dernier tour d’une partie de poker. Pas menteur. Des autres usés à entendre toujours cette pudeur. A en tendre des mains. La pudeur des sens qui mentent. Où aller ? Par où commencer ? Dire des choses décentes. Décence, immense. Par pudeur. Lapidaire des sentiments. Beaucoup de paroles. Sans histoire. Des nœuds. Des messages codés. Va comprendre. Va savoir. Va. En code et en code. Ca continue. Même en se tapant sur les doigts gelés. Ca compte. Tu es l’un d’eux toi. Et tu sais que ça va vite. Que chaque jour c’est des escaliers que l’on descend quatre à quatre. Qu’on se remet à faire des nœuds sans même y avoir pensé. Il faudrait couper. Se couper la parole. Un silence intelligent. Ainsi. Lance. Lance-toi. Sans nœud. Sans code. Un langage simple. Il faudrait un langage simple. Sans pudeur. Un langage qui dessine les sentiments. Un langage dessine. Je parle et je trace des liens. J’écris et je tends des mains. Si c’est compliqué c’est parce que j’ai des complexes. C’est sportif. La pudeur des sentiments. Au fond.
8 réactions:
Comme toujours, très chouette texte !
Un langage dessine : j'aime beaucoup ta façon d'enrouler les mots.
Surtout pas de OFF,
Ton langage est peut être codé mais parle à l'inconscient.
Il résonne avec nos propres doutes.
Il raisonne avec nos propres désirs d'absolu et de perfection, avec l'inaccessible étoile qu'on tente tous d'approcher.
Briller dans nos vie, dans notre relation à l'autre, être vrai, laisser une trace éphémère mais sublime dans l'espace de notre ciel, dans la seconde de notre vie
le courant passe, alternatif ou pas. Jolie descente... de fond. bv
La pudeur des sentiments est une chose que j’ai apprise. Elle vient avant la pudeur des mots. Maintenant j’ai la pudeur des mots. J’ai aussi appris à ne plus oublier ce que j’ai au fond de moi. Je me suis peut-être assez délivrée, ça suffit comme ça. J’ai appris à faire des noeuds du souvenir. A ne plus couper pour joindre les deux bouts car parfois on a besoin d’un petit bout pour faire un raccord sans tout recommencer. Mais rien à faire, je reviendrai pas sur la pudeur. J’ai appris aussi que tu aimes bien faire un petit raccord à chaque fois pour voir si on n’a pas manqué la séance d’avant, au cas où sinon on se ferait taper sur les doigts et ça fait mal quand ils sont gelés.
Et voilà. Au hasard d'une navigation, un dimanche soir, un nom, un commentaire sur le blog de bv. Une rencontre avec une autre écriture et d'autres réflexions. Grégory Sey. C'est frappant d'écho avec des morceaux de soi. Au fond. Ces mots écrits à d'autres moments sont là, lus à cet instant. Transportent. Mots, pudeur, oui... Le silence qui crie ou qui s'écrit.
Puis l'envie d'écrire quelques mots, par pudeur, comme toujours. Par pudeur des sentiments.
Un billet posté le 12 du mois dernier mais toujours frais. Il m'a parlé et interpellé.
"Où aller ? Par où commencer ? Dire des choses décentes. Décence, immense. Par pudeur. Lapidaire des sentiments."
J'ai l'envie de continuer, je sais) le paragraphe d'écrire (bien qu'il n'est pas inachevé, mais je suis sure de produire si ce n'est les même mots, pratiquement le même sens voulu, la même humeur exprimée.
Dire, faire et défaire les nœuds, les mots ne sont que pudeur sans l'indécence de leurs sens. Le langage se voudrait simple, mais il se dessine trop souvent en dehors des sentiments. il devient un silence intelligent mais surtout indécent.
C'est si bien dit.
Chercher les limites entre ce qui est vrai et ce qui est faux.
Faire évanouir la pudeur au profit d'une vérité simple, touchante.
La pudeur est aussi un outil d'éducation pour certains et ce côté là est souvent à revisiter.
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