Je t'ai l'encre!


vendredi, 12 février 2010

Off-on

Parfois on oublie ce qu’il y a au fond. Au fond de nous. Ce qui nous fait. Nous a fait. Ce qui est nous. Parfois on noue. On ajoute des choses qui compliquent ce que l’on veut dire. Parfois on noie ses sentiments dans un océan de choses et d’autres. Par pudeur peut-être. Mais on peut être mal compris. Il faut aller au fond de soi. Se délivrer. Comme une descente immense. Au fond des sentiments. Profonds. On peut se faire mal. Mal comprendre. Pour pas grand-chose. Des centimes de sentiments mal révélés. Ca peut faire des dégâts. Des dégâts des autres. Des autres usés. Usés de se perdre dans ce toi qui noue des bouts de défi. Des bouts de sentiments que finalement on allongerait d’un coup sur la table comme au dernier tour d’une partie de poker. Pas menteur. Des autres usés à entendre toujours cette pudeur. A en tendre des mains. La pudeur des sens qui mentent. Où aller ? Par où commencer ? Dire des choses décentes. Décence, immense. Par pudeur. Lapidaire des sentiments. Beaucoup de paroles. Sans histoire. Des nœuds. Des messages codés. Va comprendre. Va savoir. Va. En code et en code. Ca continue. Même en se tapant sur les doigts gelés. Ca compte. Tu es l’un d’eux toi. Et tu sais que ça va vite. Que chaque jour c’est des escaliers que l’on descend quatre à quatre. Qu’on se remet à faire des nœuds sans même y avoir pensé. Il faudrait couper. Se couper la parole. Un silence intelligent. Ainsi. Lance. Lance-toi. Sans nœud. Sans code. Un langage simple. Il faudrait un langage simple. Sans pudeur. Un langage qui dessine les sentiments. Un langage dessine. Je parle et je trace des liens. J’écris et je tends des mains. Si c’est compliqué c’est parce que j’ai des complexes. C’est sportif. La pudeur des sentiments. Au fond.

vendredi, 5 février 2010

Conduite en état d'hiver

Ca doit être la fatigue des voyages en train. En train d’apprendre. En train de reprendre. En train de reprendre ses marques. En train de se prendre la main dans le pot de miel. En train de voir revenir de vieux démons. Enneigés, embrumés, enrhumés. Les démons. C’est l’hiver. C’est l’ivresse. L’ivresse du passage de cap. L’ivresse du “si je suis cap”. C’est cette glace qui finit par se briser. Même en hiver. C’est tous ces points gagnés petit à petit à la force et à l’envie d’y arriver. Ces points qui peuvent se perdre aussi facilement qu’on les gagne durement. En l’espace de quelques instants. L’espace qu’on donne à un vieux démon pour resurgir. En l’espèce, un instant d’inattention. Un instant qui suffit à déstabiliser une construction de premières impressions. Une construction qui peut s’écrouler comme un château de cartes. La vie est un ensemble de moments construits. La vie est une conduite qui s’adapte selon les chemins. Une conduite parfois sans carte. Des mauvais plis qui nous font nous écarter de la route. C’est dangereux. Un jour ange heureux. Le lendemain démon qui ne fait pas de merveilles. Le lendemain, je me réveille. La gueule de boit. Sans avoir bu. Sans avoir vu revenir ce défaut. L’hiver. La fatigue. Le lendemain. En train. Le contrôleur me réveille. Je me suis mis sous contrôle justement. En cas d’urgence, je brise la glace. La conduite sur verglas c’est délicat. Je marche sur des eux. Ils se connaissent bien. J’adapte ma conduite. J’adapte ma fatigue. J’adapte mon hiver. Je suis moi aussi. Quand même. Un peu. Beaucoup. Authentique. Incorrigible. Parfois. Souvent. En hiver. Sous la neige. Fatigué. Le bruit des pas étouffés. Je ne veux pas. Je veux qu’on les entende mes pas. Je veux qu’on m’entende arriver. Pas de catimini. Tout ça c’est fini. De l’authentique. Du direct. Du moi-même. Des jeans. Des baskets. La cravate au placard. L’habit ne fait pas le moi. Le soleil s’il lui plait pourrait un peu plus souvent faire briller l’eau du lac de Zürich. Le soleil s’il lui plait pourrait m’aider à solidifier ce château de cartes. La carte je l’ai. Je sais ou je veux aller. Même en plein hiver. L’hiver aussi je conduis. Je me conduis comme je suis. Et j’essuie la glace qui fond.
Ca doit être la fatigue des voyages en train. Ou les années. L’âge. Les mots mettent plus longtemps à sortir. C’est confus. C’est mélangé. C’est l’hiver. Alternance de neige et de beau temps. Alternance de temps gagné et de rien à perdre. Finalement. Ce qu’on perd, on le gagne par ailleurs. Un nouveau point de vue. Un nouveau lac. Un nouveau look. Un moi qui se retrouve.
Tout ça ce n’est pas facile à dire. En hiver. Conduite par grand froid. Conduite insistée. L’instant d’inattention. L’inattendu. Le pas grand-chose mais suffisamment pour s’en vouloir. Suffisamment pour se taper sur les doigts gelés. C’est bien de s’en rendre compte.