Toi, t'es toi
Oh! si vous saviez... Si vous saviez le nombre de pages commencées pour dire un peu tout et rien. Pour parler de tout ça. Toutes ces pages raturées. Déchirées. Pour parler. Crier. Hurler. Ecrire. De ces déchirements entre les différents moments de la vie. De ces déchirements entre tous ces rôles à être. Je ne joue pas. De ces entre-deux. Entre deux trains. Entre deux toi. Entre nous et eux. Entre le père et le travailleur. Entre l’un et l’autre. En sandwich. Encore. La vie. La vie c’est un sandwich. On est toujours entre deux. Entre deux rôles à jouer. Entre deux phases. Entre deux mondes. Entre deux régions.
Oh si vous saviez toute cette salade faite à propos de ce sandwich. De ce milieu. On est un peu tous des milieux de terrain finalement. Tous ces mots qui se sont mélangés à propos de tout ça. Toutes ces vieilles vengeances. Ces vieilles revanches. Toutes ces errances. Toutes ces pages. Blanches. Raturées. Déchirées. Déchiquetées. Toute cette encre versée. Ces larmes étouffées.
Tout ce que l’on garde en soi finalement. Au milieu. En sandwich. Entre les cris et les larmes. Entre la pudeur et la colère.
Oh si vous saviez tous ces trains au milieu de nulle part. A écrire, et puis non. A fermer les yeux. A tendre des mains.
Tout ce mélange. Cet amalgame de choses et d’autres. Ces états d’âmes. Ce pas grand chose. A dire. Ce pas grand chose qu’on est. On nait pas grand chose. Une tranche dans un sandwich. Un pion sur un damier. Un numéro. Rangé dans une case. Une catégorie. Un type. Un genre. Un stéréotype. Toute cette chanson. On la connait par coeur. On nous catégorise au milieu du sandwich.
Et si l’on nous demandait juste d’être? D’être nous-mêmes au milieu de tout ça. Avec nos forces. Nos faiblesses. Nos joies. Nos peines. Nos histoires. Uniques. Nos expériences. Nos envies. Nos passions. Nos opinions. Nos croyances. Et si l’on nous demandait juste ça? Plutôt que de jouer des rôles. D’être là pour ce qu’on est et pas pour ce qu’on fait.
Peut-être qu’on ferait les choses avec le coeur. Avec bonheur. Qui sait.
Et si nous arrêtions de nous ranger dans des cases?
Et si nous arrêtions d’être si conformistes. Conventionnels. De s’attacher à des standards souvent si artificiels.
Et si nous tissions des liens. Des vrais liens. Spaciaux. Sociaux. Des liens entre nous-mêmes. Pas entre des titres. Des spécialités. Des groupes d’intérêts. Des places dans une organisation. Sur des diagrammes sans queue ni tête. Si nous tissions des liens entre nous juste pour ce que nous sommes. L’un et l’autre. Juste parce qu’on a besoin d’être ensemble pour construire. L’avenir.
Oh si vous saviez comment tout ça tourne. Dans ma tête. Au milieu du sandwich. Entre-deux. Toujours au milieu. Toujours entre deux. Mais avec une seule vie. Une seule. Un seul moi. Toujours le même. Unique comme des milliards d’autres.
Voilà. Ca tourne autour de ça.
