Je t'ai l'encre!


lundi, 20 septembre 2010

Temps et ratures

Parfois on pleure des litres. Parfois on voudrait faire des ratures. Des ratures sur des morceaux de vie. Des fragments. Des secondes infranchissables. Des lambeaux. Des pans de vie. De soi. De ces moments ou tout, ou tu dépends de tant de choses incontrôlables. Parfois on pleure. On se livre. On part. Le glas sonne. J’ai froid dans le dos. Parfois. En plein été, j’ai froid. En pleine conjugaison du verbe être. Parfois on voudrait en faire toute une littérature de ces moments là. Mais il vaut mieux se taire. Se cacher. Abrité par un long silence. Parfois les mots n’aident pas. Les regards peut-être. Les marques de la vie. Parfois on pleure et ça délivre. Parfois je te regarde partir. Parfois je te revois, l’espace d’un instant. D’une seconde incontrôlable. Parfois je conjure le sort. A l’imparfait. Tu étais. Comme tout le monde. Je pleure alors. Je pleure comme tout le monde. J’ai peur. J’ai peur de ces secondes qui n’en finissent pas.
Parfois on parle des heures. On bataille avec tout ça. On se rappelle exactement des mots que l’on aurait voulu dire à ce moment là. A cette seconde précise. Ce laps de temps incontrôlable. Parfois on répéte ces mots, ces phrases des jours durant à l’intérieur de soi. A l’intérieur de moi je te revois parfois. Je te revis. C’est imparfait. Parfois. C’est un peu flou. Mais c’est incensé. Ces phrases dans tous les sens. Ces mots. Ces images. Parfois ça se mélange. Ca me fige. L’espace d’un instant incontrôlable. Parfois. Souvent en fait. Souvent, oui.

dimanche, 5 septembre 2010

Aux peines sources

Se peut-il que ce que l’on croit avoir enfoui au fond de soi resurgisse comme ça. Sans raison apparente. Le coeur comme valet de ce qui nous est resté sur le carreau. Les blessures ne connaissent pas la raison. Les plaies sûres de l’âme ne connaissent pas les saisons. L’épais brouillard qui recouvre ce que l’on aimerait avoir oublié. Il ne faut pas faire l’économie de marcher. Accepter les chemins. Accepter les rencontres. Les hasards. Marcher libre. Accepter les codes. Accepter les retours aux sources. Les codes sources. Accepter qu’il y a parfois un rappel du passé. Non négociable. Une réouverture des dossiers. Il n’y a pas prescription pour les peines que l’on enferme au fond de soi. Ne pas chercher à se défendre. Accepter. Ces retours. Ces réminiscences. Ça revient comme ça. Ça se mélange avec le quotidien. Ça se mélange avec le corps. Tout ce bruit. Ne pas tous les écouter. Faire le sourd. Rire. L’ange. Mais l’ange, de quel côté est-il? Brouillard ou paix? Accepter les faits. Les chiffres. Les figures. Les visages qui reviennent. Les noms. Les numéros. Comme un appel. Une tonalité. Ne pas en faire des tonnes. Peser le pour. Rester contre. S’opposer. Se poser. S’imposer. Marcher libre. Même pour les allers-retours aux sources. Même pour les mauvais retours. Même pour les maux vrais. Les brûlures. Les cicatrices. Les contusions d’hier. Le brouillard d’aujourd’hui. Rester. Vivre. Écorché mais vivre.
Mais à quoi ça sert alors tout ça? Ces cauchemars. Ces larmes. Ces signaux. Mais à quoi ça sert alors le temps? Le temps que l’on dit qu’il faut se donner. Le temps d’être. Tous ces silences. Lourds et chargés. Comme un brouillard. Tous ces yeux pour pleurer. Ces ongles pour griffer. Le passé. Ces sourcils froncés. Le temps passe. Les faiblesses restent. Le temps fonce. Les blessures s’enfouissent. Et réapparaissent. On n’en a jamais fait le tour de tous ces retours. De ces ricochets. De ces réexpéditions. Maladresse indiquée. De ces rires gauches. De ces blessures qui s’enracinent au fond. La guérison est illusion. La guerre en soi. On gagne au mieux un apaisement. Ça pèse tout ça, à force.
La force il faut l’avoir. Il faut la voir. Les yeux dans les yeux. Je ne suis pas à l’aise. M’ouvrir au combat. Vivre avec. Parfois ça ronge. La vie et ses traces indélébiles.
Ça serait comme une évidence mais ça surprend à chaque fois. J’en pèse mes larmes. J’en perds mes mots. Un combat à larmes inégales. Mots contre maux. Jeu contre joue. Ils se jouent de moi au fond. Mes fantômes du passé. Mes fantasmes du présent. Au fond de moi. Ça abîme tous ces va-et-vient. Tous ces retours sans aller où l’on veut vraiment. Ces grands écarts involontaires. Il paraît qu’il faut vouloir. Vouloir avancer. Qu’il faut du désir. Des couleurs. De la colère. Qu’il faut vouloir construire. Ce n’est pas si simple quand on traîne une entreprise de démolition à l’intérieur de soi.
Les souvenirs ne s’effacent pas. Ils s’empilent, au fond.