Le poids des mots
La vie suit son cours. Élémentaire. Elle aime. Et moi j’enterre. Le passé. A grands coups de déchirures. De boules de papier. Glacé en plein automne. La vie. Suit un cours. La vie c’est si court. Finalement. On ne s’en rend pas compte au début. Enfin c’est comme ça. Il paraît qu’il n’y a qu’à si faire. Tout ça c’est si élémentaire. Ces discours sur la vie. Sur le fait qu’on finit tous en terre. Ce comportement primitif. Cette peur de ne pas contrôler le temps. Chaque jour qui passe est un bonus, finalement. Ce n’est pas la déprime, non. Au pire une asthénie automnale. Vivre et le reste est accessoire. C’est élémentaire. Garder les pieds sur terre. Réaliste. Le contre-coup de l’automne. L’hiver qui arrive trop vite. Les saisons. J’essaye. Je sais. Je sens la vie qui passe. Tout ça c’est dit. Ces discours sur la vie qui passe. Tout ça ça n’a pas d’intérêt. Ça n’a pas de mélodie. Pas de mots qui s’entremêlent et résonnent. Tout ça c’est une saccade. Des mots qui se suivent comme les jours qui passent. L’un après l’autre. Tout ça c’est perdu. Cette inspiration. Tout ça c’est lent. Comme un gros tas. Un tas de maux qui pèsent sur les phrases qui ne s’enchaînent pas du tout. Je voudrais me réveiller encore. En colère. En couleurs. Avec des mots qui jouent. Qui me font de l’effet. Qui portent et déguisent des messages. Des clins d’oeil. Des rappels. Je voudrais me réveiller avec tout ça. Toutes ces choses perdues au fil du temps. Toutes ces rimes cassées. Mais tout ça à quoi ça rime? A quoi ça sert de toute façon. La vie suit son cours. Les jours passent. Et puis, c’est tout. Rien de plus. Rien d’exceptionnel. J’aimerai que ça me réveille en pleine nuit. Que ça me sorte par la peau. j’aimerai que ça transpire que ça me transporte. Que ça m’emporte. Comme une mélodie. Comme une écriture à fleur de peau. Comme une écriture qu’on aime. J’aimerais tant. J’aimerais me donner encore de la peine à faire tout ça. Mais c’est à peine si il y a un son qui sort de mes doigts. Voilà, c’est ça. C’est ma peine.
