Je t'ai l'encre!


vendredi, 13 mai 2011

Carte postale du “ça passe trop vite”

Les années, les mois, les jours, les heures, les minutes, les secondes. Ca passe trop vite. Tout ça passe trop vite. Et tout ça c’est beaucoup. Beaucoup de choses en même temps. Très peu de temps pour tout ça.
Alors moi je veux bien continuer. Continuer à écrire. Si, ça me plaît. A décrire. A crier. A entendre. A voir. A dire. L’espace d’un instant. Ici où là. A Boston, à Zürich ou à San Francisco. Comme ça entre deux secondes. Mais ce n’est pas si facile. Ca passe trop vite. Alors continuer. Comment te dire. Oui, je pense que c’est nécessaire. Que c’est bien de pouvoir se poser et réfléchir sur le temps qui passe. Mais on est vite pris dans l’engrenage. On ne s’arrête plus de courir. De penser. De gamberger. Il n’y a plus de place pour le reste. Pour quelques jeux de mots. Quelques mots à propos de moi. Des mots de je, quoi. Le temps, le cerveau occupés par tout ce qui se passe devant moi, avec moi, à cause de moi. Enfin tout ça, quoi. Ca occupe tout l’espace. Tout le temps. Un peu comme un syndrome du cerveau sans repos. Un peu comme le syndrome d’un monde où il faut aller de plus en plus vite. De plus en plus haut. De plus en plus loin.
Un monde où il faut aller. Il faut que ça aille. Ca va aller. Alors pourquoi se poser l’espace d’un instant ? Ne serait-ce qu’une petite seconde. Pourquoi se poser pour analyser tout ça ? Surtout pas. Il faut avancer. Sans trop se poser de question. Pas de pause. Il faut que ça aille. Une seconde c’est trop cher payé pour une pause comme celle-là. C’est trop mais ce n’est pas assez en même temps. Jamais assez. Assez de temps. De résultat. De réussite. De réflexion. De résistance. De résistance à tout ça. Des vents contraires. Des moyens de faire autrement. Ca doit bien exister. Je ne sais pas. Je n’ai pas le temps d’y penser.
Alors moi, je veux bien continuer, tu sais. Moi aussi ça me parle. Tous ces mots. Tous ces « moi » qui me disent qu’ils n’ont pas le temps. Qui courent et ne se rappellent plus après quoi. Ils courent comme ça sans raison. Un peu comme un rat de laboratoire qui court sur une piste indoor comme ils en ont là-bas dans les belles écoles Américaines. Courir. Ce n’est pas facile d’écrire en courant. De courir en pensant. Le cerveau sans repos. La vie sans repos. Syndrome. Quand on s’arrête. Quand on trébuche un peu, on dit : « il va rebondir ». C’est tout un programme ! ça donne le ton. Ca donne le temps. Il faut passer, vite. A autre chose. Des choses et d’autres. Moi je veux bien en parler. En écrire. Mais quand ?

5 réactions:

Claire a dit…

Tiens il y a une carte postale ce matin,
Des news d'un ami que je connais si peu et si bien en même temps.
Oui, il y a des moments où on trouve dérisoire cette course obligée avec les "il faut", les "je dois" comme une roue qui s'accélère et qu'on alimente de notre propre énergie.
Le cerveau sans repos, tout le monde connait
Il faut faire de la place pour le plaisir petit ou grand, donner de l'espace à nos propres valeurs avant que d'autres ne les phagocytent.
C'est de l'energie d'aller chercher un sourire pour soi ou pour ceux qu'on aime, mais la vie est vraiment trop courte pour passer à coté de l'escentiel.
Aux ras des paquerettes, jouer au rat des champs et profiter de bonheurs simples

Gregory Sey a dit…

Claire, c'est dommage, quand je clique sur votre (ton) nom, j'ai un message qui m'interdit de voir le profil associé...

Mouchel claire a dit…

Désolée Greg, c'était pas volontaire, l'informatique et moi ça fait 2 ;)

Cergie a dit…

Le pays du "Ca Passe Trop Vite"... Il est gouverné par un tyran (Moi 1er) qu’il faudrait renverser et instituer le "Je me pause et je Fais pour ceux qui comptent pour moi et surtout pour moi-même ce qui est vraiment important et ne prends pas tant de temps que Cela" dirigé par Moi bis.
(CF le sous préfet aux champs ?)

Thérèse a dit…

Heureusement la petite voix interne qui trotte, qui trotte est là, témoin du libre arbitre.

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