Je t'ai l'encre!


mardi, 15 novembre 2011

Quadra, j'ai l'air...


La vie ce sont des boucles qui se referment de temps à autre. De celles qu’on ne pensait pas refermer un jour. Des pointillés qui se rejoignent. Des « bon sang mais c’est bien sûr ». Des choses qui prennent tout leur sens des années après.
Des quadratures de cercle résolues longtemps après.  Une vie de pointillés que l’on relit sans cesse, de boucles que l’on renferme en permanence. Ce qui ne valait rien hier, le vaut beaucoup plus aujourd’hui. Cela prend du temps avant de saisir ces boucles, ces pointillés, toutes ces choses qui se connectent entre elles. Cela prend du temps avant de rentrer dans le cercle et sa quadrature. Cela prend du temps avant d’arrêter d’avancer sans réfléchir. Bille en tête. Sans se retourner pour relier les pointillés. Vouloir aller toujours plus haut, plus loin, plus vite. Cela prend du temps avant de vouloir simplement aller. Aller toujours plus heureux, curieux, soi-même. Cela prend du temps avant d’arrêter de voir la vie comme une échelle qu’il faut grimper plus haut et plus vite que son voisin. Cela prend du temps pour découvrir la mosaïque qui se cache derrière tout ça. Pourquoi vouloir aller plus haut ? Il y a tellement de sens possibles. Et chacun d’entre eux en ont un, de sens. La vie c’est une mosaïque. Pas une échelle. Ca prend du temps avant d’arrêter de voir des grands problèmes ultra-complexes dans des simples questions de quadrature de cercle. De boucle qui se bouclent à leur rythme. Des années après, trouver la clé. Être patient. Connecter les histoires entre elles. La vie c’est une série d’histoires qui s’influencent les unes avec les autres. Une série d’histoires personnelles. J’en aurais tellement à raconter. Des belles, des moins belles, des longues et des courtes.  Des histoires. La vie c’est simplement ça.  Ca se construit comme ça, sur un ensemble de petites choses.  Simples. La vie c’est comme une randonnée à étapes. Il faut juste faire attention de ne pas remplir son sac à dos de choses superflues. Ne pas s’encombrer de superficiel. De paraître et de m’as-tu vu. Ca prend du temps avant de se délester de tout ça. Avant d’alléger son sac à dos de tout ça.  Parce que finalement on ne transporte que soi-même et des petites histoires. Le reste, comment dire….
C’est vrai, comment dire ? Comment dire que la vie c’est surtout ça avant tout le reste. Ces quadratures de cercle à retardement.  Ces pointillés  au long desquels il faut découper proprement. Ces histoires qui se connectent entre elles.  Ce sac à dos qui se vide au fur à mesure qu’on avance. Qu’on comprend. Ces boucles bouclées. Et les boucles de tes cheveux, dans mes mains. Dans mes yeux. Au fil de toutes ces petites histoires de la vie. De nos vies. De notre vie.  La vie c’est ce temps qui va. Ce temps qui passe vite.  Qui passe si bien avec tes boucles de cheveux en main et la force de toutes ces petites histoires. La force de l’âge ? Je n’ai pas envie de me sentir plus jeune. Juste heureux au milieu de tout ça. De toutes ces petites histoires passées et à venir. De toi. De nous.
Je ne sais pas de quoi j’ai l’air là maintenant au milieu de tout ça. Dans ce monde qui me dépasse parfois. Mais j’attends car je sais que parfois la solution s’ouvre à nos yeux de longues années après. Une, dix, trente, quarante même. Alors j’ai l’air de quelqu’un qui sait attendre pendant aux moins quarante ans pour boucler quelques boucles et finir, démarrer, avancer des petites histoires.