Quadra, j'ai l'air...
La vie ce sont des boucles qui se
referment de temps à autre. De celles qu’on ne pensait pas refermer un jour.
Des pointillés qui se rejoignent. Des « bon sang mais c’est bien
sûr ». Des choses qui prennent tout leur sens des années après.
Des quadratures de cercle résolues
longtemps après. Une vie de pointillés
que l’on relit sans cesse, de boucles que l’on renferme en permanence. Ce qui
ne valait rien hier, le vaut beaucoup plus aujourd’hui. Cela prend du temps
avant de saisir ces boucles, ces pointillés, toutes ces choses qui se
connectent entre elles. Cela prend du temps avant de rentrer dans le cercle et
sa quadrature. Cela prend du temps avant d’arrêter d’avancer sans réfléchir.
Bille en tête. Sans se retourner pour relier les pointillés. Vouloir aller
toujours plus haut, plus loin, plus vite. Cela prend du temps avant de vouloir
simplement aller. Aller toujours plus heureux, curieux, soi-même. Cela prend du
temps avant d’arrêter de voir la vie comme une échelle qu’il faut grimper plus
haut et plus vite que son voisin. Cela prend du temps pour découvrir la
mosaïque qui se cache derrière tout ça. Pourquoi vouloir aller plus haut ?
Il y a tellement de sens possibles. Et chacun d’entre eux en ont un, de sens.
La vie c’est une mosaïque. Pas une échelle. Ca prend du temps avant d’arrêter
de voir des grands problèmes ultra-complexes dans des simples questions de
quadrature de cercle. De boucle qui se bouclent à leur rythme. Des années
après, trouver la clé. Être patient. Connecter les histoires entre elles. La
vie c’est une série d’histoires qui s’influencent les unes avec les autres. Une
série d’histoires personnelles. J’en aurais tellement à raconter. Des belles,
des moins belles, des longues et des courtes.
Des histoires. La vie c’est simplement ça. Ca se construit comme ça, sur un ensemble de
petites choses. Simples. La vie c’est
comme une randonnée à étapes. Il faut juste faire attention de ne pas remplir
son sac à dos de choses superflues. Ne pas s’encombrer de superficiel. De
paraître et de m’as-tu vu. Ca prend du temps avant de se délester de tout ça.
Avant d’alléger son sac à dos de tout ça.
Parce que finalement on ne transporte que soi-même et des petites
histoires. Le reste, comment dire….
C’est vrai, comment dire ? Comment
dire que la vie c’est surtout ça avant tout le reste. Ces quadratures de cercle
à retardement. Ces pointillés au long desquels il faut découper proprement.
Ces histoires qui se connectent entre elles.
Ce sac à dos qui se vide au fur à mesure qu’on avance. Qu’on comprend.
Ces boucles bouclées. Et les boucles de tes cheveux, dans mes mains. Dans mes
yeux. Au fil de toutes ces petites histoires de la vie. De nos vies. De notre
vie. La vie c’est ce temps qui va. Ce
temps qui passe vite. Qui passe si bien
avec tes boucles de cheveux en main et la force de toutes ces petites
histoires. La force de l’âge ? Je n’ai pas envie de me sentir plus jeune.
Juste heureux au milieu de tout ça. De toutes ces petites histoires passées et
à venir. De toi. De nous.
Je ne sais pas de quoi j’ai l’air là
maintenant au milieu de tout ça. Dans ce monde qui me dépasse parfois. Mais j’attends
car je sais que parfois la solution s’ouvre à nos yeux de longues années après.
Une, dix, trente, quarante même. Alors j’ai l’air de quelqu’un qui sait
attendre pendant aux moins quarante ans pour boucler quelques boucles et finir,
démarrer, avancer des petites histoires.
