Timeline
Il y a les années. Le temps qui défile. Les minutes qui me
défient. Toujours plus vite. Parfois plus haut. Des virages. Des sans issue.
Des sens inverse. Le temps à l’envers. Une ligne surtout pas droite. Toutes ces
secondes qui retardent à force de m’y prendre à deux fois. Il y a tout ce temps
passé sans écrire. Tout ce temps en attendant 2012. Tout ce temps parcouru. A
fouiller dans soi même. Tous ces chemins. Ces pentes. Ces descentes. Ces
demi-tours. Des tours sur soi-même. Des maux. Des mains. De la peinture sur les
doigts. Essayer d’esquisser une ligne droite. Le dos courbé. Le fil des années.
On voudrait nous faire passer notre temps sur une ligne. Tisser des liens sur
des livres de visages. Dévisager le temps. En ligne. Comme une course de
lévriers. Je n’ai plus de mots sur les lèvres. Je n’ai plus de ligne de temps.
Je n’ai plus de temps. J’en ai tant envie pourtant. Et si je les laisse, qui
sait ? Les laisse filer. Filer le long de la ligne. Inspecter les recoins.
Prendre leur temps. Une ligne pleine d’aller-retour. Toujours les mêmes guerres
à la télé. Les mêmes crises. La même ligne éditoriale. Tous les jours, tout le
temps. On marche, on court. On reste en ligne.
Tout ce temps passé loin de la ligne droite. Ce temps de vie. De rage.
Sans écrire. Dans un tunnel. J’ai perdu
ma connexion. Je ne suis plus en ligne. Au bout, une lumière. Une envie. Une respiration. Un souffle. Dans
le micro de mon téléphone intelligent. En ligne. en temps et en heure.
Enregistré. Posté. Sur le réseau. Social, il paraît. Social mais en ligne.
Aligné, le temps. Les rappels. Les ordres. Les rappels à l’ordre. Rappelle-toi.
Rappelle-toi tout ce temps, tous ces jours sans une ligne. Tout ce vide sur ta
ligne de temps.
