Je t'ai l'encre!


lundi, 31 décembre 2012

Des chiffres et des êtres


C’est le réveillon. Ou presque. Ou pas.
Les huîtres de 2012, elles sont salées. Comme les factures. Comme tous ces papiers écrits en gras et qui regorgent de nombres qu’il faut qu’on déchiffre. Comme tous ces chiffres que l’on nous aligne sur toutes ces feuilles de choux. Comme toutes ces questions de sous.  Tous ces sous dont on parle en permanence. Toutes ces permanences qu’il faut monter pour tous ces problèmes de sous. Il en vient de partout. Des problèmes pas des sous.
Alors on se met à compter. Tout. A tout compter, mais pas à compter sur tous. Alors que pourtant. Les uns, c’est un multiple des autres. On compte chacun dans son coin. La théorie des ensembles n’a plus la cote. On compte, in-di-vi-du-elle-ment. On compte tout. Mêmes les caractères. La taille des textes. Il faut écrire des messages courts. Il faut se dépêcher pour dire les choses, pour les écrire, pour les lire aussi. Le temps est compté, c’est sans doute pour ça. Le temps, les sous.
On nous abreuve de chiffres tout le temps. C’est ça 2012. Des chiffres.  A l’excès. A l’Excel (marque déposée).
On passe par tous les types d’opérations. Les décotes. Les hausses de minima. Un peu pas trop quand même. Les barèmes. Les tranches. Les cotisations. Les taux. Les défiscalisations. Les balances. Les produits intérieurs. Les paradis fiscaux. C’est un enfer. Les niches. Tout y passe. On en fait tout un monde. Un monde de brutes. C’est net.
On n’en oublie de se regarder dans les yeux. D’apprendre à continuer à se connaître. On en oublie la chaleur humaine. On en oublie les autres.
On en oublie des choses en se noyant dans les chiffres. On en oublie un peu l’essentiel même si ils en font aussi partie, de l’essentiel, les chiffres. On en oublie de s’aimer. On en oublie qu’on est pluriel. On se divise. On multiplie les erreurs. Les horreurs aussi. On oublie de construire ensemble. On en oublie les petites choses toutes simples qui peuvent faire un bonheur. On échafaude des opérations compliquées. On se complique les choses. En chiffre. On en oublie les êtres. Les humains derrière les additions. On en devient égoïste. A en manquer de retenue. On ne peut plus que compter sur soi. Et encore.
Oui il faut compter. Oui il faut chiffrer. Oui il faut des marchés. Mais il faut marcher ensemble. Avancer ensemble. Sans calcul. Aussi. Surtout. Sur tous ces chiffres, marcher, la main dans la main. L’un ne va pas sans l’autre. Les chiffres et les êtres.